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Le recrutement des nouveaux enseignants-chercheurs : une réforme audacieuse pour l’avenir de l’enseignement supérieur guinéen (Christian D. Condé)

L’enseignement supérieur guinéen se trouve à un tournant décisif avec le recrutement de 153 enseignants-chercheurs. Cette initiative, portée par le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Alpha Bacar Barry, incarne une réforme ambitieuse qui vise à repositionner la Guinée comme un acteur majeur dans le domaine académique en Afrique de l’Ouest. Ce projet mobilise 50 enseignants guinéens et 103 enseignants issus de pays amis et frères, notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, les Comores, la Côte d’Ivoire, la France, le Mali, le Sénégal, la Suisse et le Togo. Il témoigne d’une volonté claire de renforcer le système éducatif tout en s’appuyant sur une collaboration internationale.

Une réponse aux défis historiques et structurels

L’histoire de l’éducation guinéenne est marquée par une période critique après l’indépendance de 1958. Le départ massif des cadres coloniaux français avait laissé un vide considérable dans le secteur de l’enseignement supérieur, obligeant le pays à se tourner vers des partenaires étrangers et des ressources nationales pour redémarrer son système éducatif. Des enseignants venus de pays voisins comme le Mali, le Sénégal et le Congo ont contribué à combler ce vide, illustrant l’importance de la solidarité régionale.

Aujourd’hui, alors que le système universitaire est confronté à des défis similaires — notamment un déficit d’enseignants qualifiés, une massification des effectifs et des infrastructures vieillissantes — ce recrutement s’inscrit dans la continuité de ces efforts de résilience. Il ne s’agit pas seulement d’une augmentation des effectifs, mais d’un acte stratégique visant à diversifier les approches pédagogiques et à répondre aux standards internationaux.

Une couverture disciplinaire élargie

Cette première phase de recrutement, bien que significative, n’est qu’un début. Une seconde phase est attendue pour renforcer davantage notre système éducatif supérieur et combler les besoins dans d’autres disciplines essentielles à notre développement. Les domaines visés incluent notamment l’informatique, les mathématiques, le génie civil, l’architecture, les arts, ainsi que des spécialités émergentes telles que les sciences physiques (énergie renouvelable) et l’intelligence artificielle.

Les compétences acquises grâce à ce recrutement portent également sur des secteurs cruciaux comme l’économie, la gestion, le droit privé, les sciences de l’environnement et les sciences agricoles. En particulier, le domaine de l’économie et des sciences politiques bénéficiera de l’encadrement de professeurs déjà recrutés, facilitant ainsi la formation de nos doctorants. Cependant, pour d’autres disciplines, nous devrons attendre le prochain appel pour assurer le recrutement de professeurs ou maîtres de conférences.

Un choix audacieux et une vision stratégique

Ce recrutement massif est le reflet d’une vision claire du Président de la Transition, le Général de Corps d’armées Mamadi Doumbouya, qui place l’éducation et la recherche scientifique au cœur du développement national. En encourageant l’intégration de compétences nationales et internationales, la Guinée cherche à insuffler une nouvelle dynamique dans ses universités et à favoriser l’émergence d’un environnement académique compétitif. Comme l’a souligné le Président, « L’éducation n’est pas un coût, mais un investissement dans l’avenir de notre nation ».

Cette réforme montre également l’audace du ministre Alpha Bacar Barry, dont le leadership a permis la réalisation de ce projet ambitieux. En mobilisant des ressources nationales et internationales, il a su mettre en œuvre une réforme essentielle pour répondre aux besoins croissants de l’enseignement supérieur en Guinée, souvent confronté à un ratio enseignant-étudiant très élevé. En réduisant ce ratio et en introduisant de nouvelles perspectives pédagogiques, cette initiative prépare un environnement plus propice à l’épanouissement intellectuel des étudiants.

Un modèle pour la sous-région

Ce recrutement d’envergure est également une première dans la sous-région ouest-africaine. Peu de pays ont entrepris une telle initiative en impliquant autant de compétences nationales et étrangères dans un processus de renforcement de leur système universitaire. La Guinée se positionne ainsi comme un modèle de réforme dans un contexte régional marqué par des défis similaires en matière d’éducation supérieure.

Les réformes entreprises vont au-delà du simple recrutement. Elles s’accompagnent d’efforts pour moderniser les infrastructures universitaires, améliorer la numérisation des processus académiques, et renforcer les partenariats internationaux. Cette initiative témoigne d’une volonté de bâtir un système d’enseignement supérieur robuste et attractif, capable de retenir les talents locaux tout en attirant des compétences internationales.

Un appel à l’excellence et à la responsabilité collective

Il ne fait aucun doute que ce recrutement marque une victoire historique pour le système éducatif guinéen. Il ne s’agit pas seulement d’une action isolée, mais d’un appel collectif à l’excellence. Les enseignants recrutés, qu’ils soient nouveaux ou déjà en poste, ont la responsabilité de former les cadres et les scientifiques de demain, garants du développement durable de la nation.

Ensemble, ils doivent porter l’ambition de faire des universités guinéennes des pôles d’excellence et d’innovation. Ce projet reflète une volonté forte de dépasser les défis du passé et de construire un avenir académique prometteur.

Une victoire historique et une promesse d’avenir

Avec cette réforme, la Guinée franchit une étape décisive dans sa quête de progrès académique et scientifique. Le recrutement de ces 153 enseignants-chercheurs, issus d’horizons variés, symbolise non seulement une victoire sur les contraintes du passé, mais également une promesse d’avenir. La présence de ces enseignants, qu’ils soient nationaux ou étrangers, montre que la Guinée est prête à jouer un rôle central dans le développement académique de la région.

Sous le leadership du Président Mamadi Doumbouya, la Guinée se donne les moyens de devenir un pôle de référence académique en Afrique de l’Ouest. Comme l’a si bien dit Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que vous pouvez utiliser pour changer le monde ». Cette réforme n’est pas seulement une étape, mais le début d’une transformation profonde et durable du système éducatif guinéen.

Références :

1.  UNESCO (1960). Rapport sur l’éducation en Guinée après l’indépendance.
2.  Banque mondiale (2021). Rapport sur l’éducation et l’enseignement supérieur en Guinée.

Christian Desco Condé
Enseignant-chercheur

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