Guinée/Suspension des activités de la Banque Mondiale: le juriste parle des conséquences

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La Banque mondiale a suspendu ses activités en Guinée en raison de la rupture de l’ordre constitutionnel. Aux yeux de Dr Alhassane Makanéra Kaké si rien n’est fait par les nouvelles autorités, cette décision risque d’affecter la gestion de la transition.

« Si la Banque mondiale ne soutient pas un pays, ce pays ne peut pas avoir de créancier. Autrement dit, pour bénéficier l’appui des autres pays, des bailleurs, des institutions internationales ou des emprunts bilatéraux, il faut d’abord avoir l’accord ou la bénédiction du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale. En réalité, l’intervention de la Banque mondiale en matière de montant mobilisé n’est pas très élevée pour les pays africains. Pour la Guinée l’ensemble des aides accordées par ces deux institutions financières en moyen représente 7%. Mais malheureusement, si la banque mondiale et le FMI n’accordent pas 7%, tu seras privé des autres 93%. C’est pourquoi si la banque mondiale dit on se retire, ça signifie que la possibilité au pays de recourir à l’emprunt diminue. Parce que c’est la seule garantie pour les bailleurs de fonds de se dire que le pays est capable de rembourser ses dettes », explique-t-il.

Quant aux impacts de la suspension des activités de la banque mondiale sur le pays, le spécialiste finance publique indique : « Avec cette suspension, la Guinée aura moins d’argent par rapport aux besoins de financements et aides extérieurs. Deuxième impact, la Banque mondiale intervient dans certains domaines en matière d’infrastructures et autres. Avec la suspension de ses activités, ses appuis vont directement s’arrêter et beaucoup de secteurs seront affectés. Mais la conséquence la plus importante, c’est cette conséquence globale qui fera qu’on aura moins en moins la possibilité de nous endetter. Alors qu’on a besoin important de financement extérieur ».

Plus loin, Dr Alhassane Makanéra Kaké invite les nouvelles autorités à créer les conditions pour le retour à l’ordre constitutionnel afin de faire revenir la Banque Mondiale sur sa décision.

« La porte de l’institution ne s’est pas fermée à la Guinée. C’est la raison pour laquelle ils parlent de suspension et non d’annulation. Et ce qui est suspendu peut revenir à la normale. Il suffit de créer les conditions de retour à l’ordre constitutionnel pour que les choses reviennent à la normale entre la Guinée et la Banque Mondiale. Mais cela dépendra de la capacité du gouvernement actuel et les moyens dont il dispose pour faire en sorte que la banque mondiale revienne sur sa décision et annule la suspension de ces activités », conclut-il.

Mohamed Barry

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