L’installation du nouvel exécutif communal de Guéasso révèle les profondes divisions qui traversent la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD). Ce qui devait être une simple passation de service s’est transformé en une crise politique locale, marquée par des manifestations, des contestations et des interpellations signalées dans la nuit.
Au cœur du différend, deux camps revendiquent la légitimité du processus ayant conduit à la désignation des conseillers communaux. Yamati Tokpa Donzo soutient que la liste qu’il avait conduite lors des élections locales a été remplacée avant la mise en place de l’exécutif communal, écartant plusieurs candidats qu’il considère comme légitimes. Malgré des démarches auprès des autorités administratives et judiciaires, il affirme n’avoir obtenu aucune solution, le litige ayant été renvoyé aux instances du parti.
Cette contestation s’est traduite par un rassemblement de militants et de sympathisants le jour de la cérémonie d’installation des conseillers de la commune rurale de Guéasso. Les protestataires dénoncent la composition du nouveau bureau communal, estimant que leur choix n’avait pas été respecté. Selon plusieurs témoignages, la mobilisation s’est déroulée sans incidents majeurs. Mais quelques heures plus tard, le climat s’est brusquement tendu. Des habitants rapportent que des jeunes identifiés comme ayant participé au mouvement de protestation ont été interpellés à leur domicile au cours de la nuit. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, précisé le nombre exact des personnes arrêtées ni les raisons de ces interpellations.
Le maire installé, Bangaly Soumaoro, réfute toute irrégularité. Il assure que son élection est le résultat d’un processus conforme aux règles internes de la GMD et validé par les conseillers communaux. La direction sous-préfectorale du parti partage cette position et estime que les contestations découlent essentiellement de frustrations liées au choix des candidats retenus sur la liste finale.
En attendant une réaction des autorités administratives et judiciaires, cette affaire met en évidence les difficultés que peuvent engendrer les rivalités internes au sein des formations politiques, avec des répercussions directes sur la stabilité des collectivités locales et la confiance des citoyens envers les institutions.
Gilbert Yoma Neyo Tinguiano depuis N’zérékoré kalenews.org





