Le Collectif des organisations de défense des droits de l’homme de la région forestière tire la sonnette d’alarme face à la montée inquiétante des cas de viols dans la région de N’zérékoré, ainsi qu’à la persistance des conflits violents entre éleveurs et agriculteurs dans plusieurs localités de la préfecture de Lola.
Au cours de l’année 2025, l’organisation a traité de nombreux dossiers de violences sexuelles enregistrés dans différentes zones de la région. Une situation jugée « préoccupante » par Emmanuel Fassou Sagno, premier responsable du collectif, interrogé ce vendredi 16 janvier 2026 par le correspondant régional de kalenews.org. « L’association a géré des cas de viols, particulièrement dans la région où le phénomène prend de l’ampleur. Certains auteurs ont été appréhendés et sont à la disposition du parquet, d’autres sont en fuite. Les victimes ont été accompagnées sur les plans sanitaire, psychologique et social. Des actions de sensibilisation sont menées pour prévenir les viols », a déclaré Emmanuel Fassou Sagno.
Abordant la question des conflits entre éleveurs et agriculteurs, le défenseur des droits humains indique que son organisation est intervenue dans plusieurs localités de la préfecture de Lola, notamment à Foumbadou, Lènai et Gueasso. Selon lui, ces affrontements sont principalement liés à l’arrivée massive de troupeaux de bétail en provenance du Mali et de la Côte d’Ivoire, occupant de vastes espaces agricoles.
« Ces conflits ont entraîné des dommages importants aux cultures et des pertes en vies humaines aussi bien chez les agriculteurs que chez les éleveurs. Des citoyens se sont mobilisés pour demander le départ des éleveurs, ce qui a conduit à des arrestations. L’association a documenté ces cas », précise-t-il.
Le collectif salue toutefois l’implication du ministère de l’Élevage, qui a initié un projet visant à réduire ces tensions à travers la création de zones de pâturage et l’encadrement des activités pastorales.
Par ailleurs, le Collectif des organisations de défense des droits de l’homme de la région forestière affirme travailler en étroite collaboration avec l’État guinéen pour l’accompagnement institutionnel des personnes en conflit avec la loi.
« L’association mène des efforts pour l’accompagnement institutionnel, notamment auprès des mineurs et des personnes détenues ou en conflit avec la loi », a conclu Emmanuel Fassou Sagno.
Face à ces multiples défis, le collectif appelle à un engagement renforcé des autorités, des leaders communautaires et de la société civile afin de garantir la protection des droits humains et la cohésion sociale dans la région forestière.
Gilbert Yoma Neyo Tinguiano depuis N’zérékoré pour kalenews.org


