Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a appelé, ce dimanche 19 juillet, à une révision des textes fondateurs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à l’occasion de l’Assemblée générale de l’organisation tenue en Sierra Leone. Devant les chefs d’État et de gouvernement de la sous-région, il a estimé que l’institution devait adapter son fonctionnement aux réalités actuelles des États membres afin de mieux répondre aux défis contemporains.
Dans son discours, le président guinéen a défendu une approche différenciée des crises et des enjeux auxquels font face les pays ouest-africains. Selon lui, les réponses de la CEDEAO doivent tenir compte des spécificités historiques, sociales et politiques de chaque nation, plutôt que de reposer sur une méthode uniforme.
« Nous devons adapter nos institutions à la réalité de notre époque. On ne soigne pas le paludisme et le cancer avec le même remède. Chaque mal appelle à son traitement. Chaque situation appelle à sa réponse. Chaque nation, chaque peuple porte une histoire, des équilibres et des urgences qui lui sont propres. Vouloir appliquer aux réalités différentes une seule et même ordonnance, aussi bien intentionnée soit-elle, ce n’est pas de la rigueur. C’est une méconnaissance de la nature même de nos sociétés », a déclaré Mamadi Doumbouya.
Poursuivant son intervention, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de moderniser le cadre institutionnel de la CEDEAO. Il a rappelé que les textes fondateurs de l’organisation remontent à plus d’un demi-siècle et qu’ils méritent aujourd’hui d’être actualisés afin de mieux refléter les mutations politiques, économiques et sociales de la région.
« Nos textes fondateurs ont plus d’un demi-siècle. Le monde qu’ils décrivaient n’est plus tout à fait celui que nous vivons. Je le dis avec la conviction d’un homme d’État soucieux de la pérennité de la CEDEAO. Réformer nos institutions n’est pas les affaiblir, c’est les inscrire dans la durée. C’est les adapter à nos valeurs, à nos réalités, à nos coutumes, à nos traditions séculaires et à nos spécificités », a-t-il affirmé.
En conclusion, Mamadi Doumbouya a invité les dirigeants ouest-africains à recentrer les priorités de l’organisation sur le développement économique et l’amélioration des conditions de vie des populations. Il a appelé à privilégier les investissements dans les infrastructures, l’énergie, l’emploi et l’intégration économique, estimant que ces enjeux constituent les véritables attentes des citoyens de la sous-région.
« Il nous faut un mécanisme qui distingue la fermeté des principes de la rigidité des méthodes. Je vous exhorte à un retour résolu aux fondamentaux : le développement pérenne et l’économie. Nos peuples n’attendent pas de nous des communiqués. Ils attendent de l’eau, des routes, des usines, de l’énergie, des marchés ouverts et des emplois pour leur jeunesse. C’est à cette exigence, et à elle seule, que l’histoire jugera notre génération de dirigeants », a conclu le président guinéen.
Mansaré Soumah Naby Moussa





