Le mouvement de grève des chauffeurs de transport en commun s’intensifie à Labé. Entamée mercredi dernier sur certaines lignes, la mobilisation s’est élargie, lundi 7 septembre 2026, à plusieurs axes, notamment Labé-Conakry et Labé-Kédougou. Les conducteurs dénoncent les tracasseries routières, la multiplication des barrages ainsi que les difficultés liées au mauvais état des routes. Une situation qui commence également à pénaliser les voyageurs.
Chauffeur sur la ligne Labé-Sénégal, Mamadou Gouraïssiyou Diallo affirme que la décision de suspendre les voyages fait suite à l’absence de réponse favorable à leurs précédentes revendications. « Depuis notre dernière revendication, nous n’avons pas obtenu gain de cause. Comme nous ne pouvons pas faire autre chose, nous avons jugé nécessaire de garer nos véhicules et de suspendre les voyages. Depuis mercredi dernier, nous sommes à l’arrêt jusqu’à aujourd’hui, lundi. Nous remercions ceux qui nous ont accompagnés. C’est l’union qui fait la force. Comme ils ont vu notre souffrance, ils ont décidé de nous accompagner et c’est une bonne chose. Ceux qui n’ont pas encore rejoint le mouvement, nous leur demandons d’être avec nous. Ensemble, lorsque nous sommes unis, nous pouvons réussir beaucoup de choses. C’est l’union et l’entente qui feront notre force », a-t-il déclaré.
Sur l’axe Labé-Conakry, les chauffeurs évoquent également des conditions de travail difficiles. Mamadou Aliou Ly, conducteur sur cette ligne, pointe notamment les dépenses occasionnées par les barrages routiers et la dégradation des routes. « Nos passagers et nous-mêmes subissons beaucoup de difficultés sur la route. Il y a plusieurs barrages où nous devons donner de l’argent. Chaque jour, nous réparons nos voitures à cause du mauvais état des routes, qui sont parfois impraticables. Malgré tout cela, nous gagnons peu pendant les voyages. Nous ne pouvons pas continuer comme ça, car nous avons des familles à nourrir. Nous n’allons pas forcer nos collègues chauffeurs à suivre la grève, mais je leur demande de voir ce qui est bon pour eux, parce que si cette grève aboutit, tous les chauffeurs en seront bénéficiaires », souligne-t-il.
À la gare de Labé-Kédougou, le mouvement est également suivi. Moussa Kaba, chef de ligne, redoute les conséquences d’une prolongation de la grève sur les chauffeurs comme sur les voyageurs. Il appelle les autorités à trouver rapidement une issue à la crise.
« C’est avant-hier que les chauffeurs de la ligne Labé-Manda sont venus à notre gare. Ils nous ont demandé de les accompagner dans la grève. À mon tour, j’ai consulté le bureau, qui nous a donné l’autorisation de les rejoindre afin d’éviter tout incident. Trois passagers étaient venus s’embarquer pour Kédougou, mais nous leur avons restitué leur argent. Si cette grève dure, tout le monde souffrira. J’appelle donc au dialogue », laisse-t-il entendre.
L’arrêt des activités de transport commence déjà à affecter les usagers. Aïcha Sidibé, venue de Kankan et qui souhaite poursuivre son voyage vers la Gambie, raconte s’être retrouvée bloquée à la gare. « Je viens de Kankan. Je suis arrivée ici depuis 6 heures du matin et on m’a dit que les chauffeurs étaient en grève. Depuis le matin, nous n’avons pas trouvé à manger et nous ne savons pas où passer la nuit », témoigne-t-elle.
Face à l’ampleur du mouvement, le syndicat des transports appelle à l’apaisement. Mamadou Ba Camara, chargé des conflits et des négociations au sein de la CNTG, demande aux chauffeurs de rester calmes tout en exhortant les autorités à ouvrir le dialogue. « Je demande aux chauffeurs de rester calmes et de suivre la grève dans la plus grande sérénité. Nous demandons aux autorités, notamment à la gendarmerie et au ministère des Transports, de bien vouloir privilégier le dialogue afin que les chauffeurs puissent reprendre leur travail et gagner leur vie », explique-t-il.
Alors que plusieurs lignes ont rejoint le mouvement, chauffeurs et syndicalistes misent désormais sur le dialogue avec les autorités pour permettre une reprise des activités.
Boubacar Garki Diallo, correspondant régional de Kalenews.org à Labé





