L’utilité du Diplôme contre la Pensée négative à l’égard des lauréats franco-arabes en Guinée (Ibrahim Mansare)

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Fin de l’apartheid intellectuel en Guinée

Ttriste constat, en Guinée, l’intellectualisme semble avoir une couleur, une odeur et surtout une langue : le français. Depuis l’indépendance, nous entretenons un mythe dangereux : celui qui ne maîtrise pas la langue de Molière ou associe l’arabe serait un citoyen de seconde zone, incapable de réfléchir au destin de la nation cas des lauréats franco-arabes en Guinée.

Ce complexe n’est pas seulement un héritage colonial ; c’est une barrière qui exclut des milliers de cerveaux formés dans le cursus franco-arabe.
L’arabophonie : le « point aveugle » de l’élite guinéenne très malheureusement.

Pourquoi un Guinéen ayant obtenu un doctorat en économie, en droit ou en sociologie dans une université de l’OCI (Organisation de la Coopération Islamique) est-il souvent perçu comme un simple « maître d’école coranique » par l’administration voire par la société?

Le gouvernement et une partie de l’élite « francophone » commettent une erreur historique en refusant le titre d’intellectuel aux diplômés franco-arabes. Ils ignorent que ces cadres maîtrisent souvent deux cultures, deux langues et des systèmes de pensée complexes.
Ce mépris n’est pas fondé sur la compétence, mais sur un formatage colonial qui a érigé le français comme seule langue de la modernité et l’arabe comme seule langue de la religion connaissez-vous l’histoire des sciences surtout les mathématiques et la physique……

Un héritage colonial mal digéré
Le colonisateur avait besoin d’interprètes et de commis parlant français pour administrer. Aujourd’hui, nos institutions fonctionnent encore sur ce logiciel périmé. En limitant l’accès aux hautes fonctions, les écoles d’élite [ Prytanées Militaires et Simandou Academy] et à la reconnaissance sociale aux seuls purs francophones, l’État guinéen se prive d’une expertise immense issue du curculum académique franco-arabe.

D’une manière pratique et succente:

  • Un intellectuel se définit par sa capacité d’analyse, sa rigueur critique et son apport à la société.
  • Est-on moins intellectuel parce qu’on a étudié la philosophie ou les sciences en arabe ? Absolument pas.

Les conséquences d’une exclusion silencieuse
En marginalisant les diplômés franco-arabes, nous créons deux Guinée qui ne se parlent pas :

  • L’élite bureaucratique qui s’enferme dans un entre-soi francophone, parfois déconnecté des réalités sociales.
  • Les cadres arabophones qui, malgré leurs diplômes universitaires et parcours d’excellence issus des universités classées parmi les meilleures devant la majorité des universités françaises su niveau de classement mondial des université, sont poussés vers le secteur informel ou le commerce, faute de reconnaissance dans l’administration publique.

Ici, j’en appelle à une révolution des mentalités
Il est temps que le gouvernement guinéen et l’opinion publique comprennent que l’intelligence ne réside pas dans la langue, mais dans le cerveau.

Nous devons intégrer pleinement les cadres franco-arabes dans les sphères de décision.

Nous devons cesser de confondre « arabophonie académique » et « religion ». Ces hommes et femmes sont des juristes, des ingénieurs, des historiens et des penseurs.

La Guinée de demain doit être celle de la méritocratie réelle. Un intellectuel guinéen peut parler français, arabe, poular ou soussou. L’essentiel est qu’il mette son génie au service d’un pays qui a besoin de tous ses enfants pour se construire.

Brisons les chaînes de ce complexe colonial et reconnaissons enfin la valeur de tous nos diplômés le plus important est le génie de pays et non une enveloppe linguistique discriminatoire.

Ibrahim MANSARE PhD

Le Secrétaire Général du Syndicat National de l’Enseignement Franco-Arabe de Guinée

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