Le tribunal correctionnel de Dixinn a examiné ce mercredi 10 juin le dossier impliquant l’artiste Hadiatou Bah, connue sous le nom de Hadya « Bandirou », ainsi que les créateurs de contenu Ahmed Saada Diallo, alias Saad, et Mamadou Alpha Baldé, plus connu sous le pseudonyme de SoprAlpha. Malgré une décision du juge ordonnant leur remise en liberté provisoire, les trois prévenus demeurent en détention à la Maison centrale de Conakry.
Incarcérés depuis le 19 mai dernier dans le cadre de procédures distinctes, les trois accusés ont comparu devant le juge Mohamed Sangaré à l’occasion de la reprise de leur procès. Dès l’ouverture de l’audience, le magistrat a décidé de joindre les différentes procédures en une seule affaire.
Initialement, Ahmed Saada Diallo et Mamadou Alpha Baldé étaient poursuivis pour atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique. De son côté, Hadiatou Bah faisait face à des accusations de diffamation, de proxénétisme et de complicité.
À l’issue de cette jonction, les trois prévenus sont désormais poursuivis dans le cadre d’une procédure unique portant exclusivement sur les faits d’atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique.
Examinant la question de leur détention, le juge a statué sur siège en faveur d’une mise en liberté provisoire d’office des prévenus. Toutefois, cette décision n’a pas été exécutée. Le ministère public, représenté à l’audience par le substitut du procureur de la République, s’est en effet opposé à la mesure en exerçant un recours. Cette démarche a eu pour effet de suspendre immédiatement l’exécution de l’ordonnance de mise en liberté provisoire.
Par conséquent, Hadya Bandirou, Saad et SoprAlpha ont été reconduits à la Maison centrale de Conakry, où ils resteront détenus en attendant la poursuite de la procédure judiciaire.
Le tribunal a finalement renvoyé l’affaire au 17 juin prochain pour la suite des débats.
Mansaré Soumah Naby Moussa
