À N’zérékoré, la dissolution de 40 partis politiques par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation continue de faire réagir. Interrogé ce lundi 9 mars 2026, le président du collectif des organisations des ONG de défense des droits de l’homme, Emmanuel Fassou Sagno, a invité les autorités au respect strict des dispositions légales. Il a également exhorté les responsables des partis concernés à saisir la justice s’ils estiment avoir été lésés par cette décision ministérielle.
« Le fonctionnement des partis politiques en Guinée est désormais encadré par une nouvelle loi organique adoptée le 21 novembre 2025 par le Conseil national de la transition. Ce texte régit la création, l’organisation, le fonctionnement et le contrôle des partis politiques, avec l’obligation de se conformer aux nouvelles dispositions avant le 25 mai 2026 » explique le défenseur des droits de l’homme avant de poursuivre « parmi les exigences, figurent notamment la constitution d’un dossier administratif complet comprenant les statuts et le règlement intérieur, l’obtention d’un quitus fiscal, la disposition d’un siège national ainsi que la représentation du parti dans les 33 préfectures du pays. La loi impose également qu’au moins 30 % des membres dirigeants soient des femmes et que les partis tiennent régulièrement des congrès et assemblées, attestés par des procès-verbaux ».
Toutefois, Emmanuel Fassou Sagno s’interroge sur la conformité réelle de tous les partis dissous à ces nouvelles exigences. Selon lui, certains pourraient avoir respecté les dispositions prévues par la loi organique. « Les partis politiques qui estiment avoir respecté les dispositions légales ont la possibilité d’exercer un droit de recours en saisissant les juridictions compétentes pour contester cette décision » a-t-il indiqué.
En revanche, Fassou Sagno estime que les formations qui n’ont pas respecté ces obligations auront du mal à contester la mesure. Il rappelle également que plusieurs partis avaient récemment reçu des satisfecit de fonctionnement et que la date butoir pour se conformer à la nouvelle loi reste fixée au 25 mai 2026. Une situation qui, selon lui, soulève des interrogations sur la précipitation de la décision de dissolution.
De N’zérékoré Gilbert Yoma Neyo Tinguiano kalenews.org





