Condamné à mort en Mauritanie dans une affaire de « complicité de meurtre », Amara Camara, détenu depuis 2008, continue de clamer son innocence. Après 17 années passées derrière les barreaux, sa famille multiplie les démarches pour obtenir son retour en Guinée. Dans cette quête, son frère, Lamine Camara, a décidé d’interpeller directement le président de la République, Mamadi Doumbouya. Dans une correspondance adressée au chef de l’État, il sollicite son intervention afin d’accélérer les démarches diplomatiques engagées pour permettre à Amara Camara de regagner la Guinée.
« Je me permets de vous écrire pour vous soumettre un cas qui touche à la fois à la justice et à la compassion », écrit Lamine Camara, qui décrit la situation de son frère comme une « détresse absolue ».
Selon lui, Amara Camara est détenu en Mauritanie depuis 2008 et affirme depuis le début de son incarcération être innocent du meurtre pour lequel il a été condamné. Son frère soutient que son implication dans cette affaire serait liée au fait qu’il aurait hébergé le véritable auteur présumé du crime, un compatriote qui aurait ensuite pris la fuite.
Lamine Camara rappelle au président Mamadi Doumbouya les engagements pris par les autorités guinéennes en faveur des ressortissants guinéens confrontés à des difficultés judiciaires à l’étranger.
Il évoque notamment la récente grâce présidentielle accordée à certains détenus ainsi que l’engagement des autorités à ne pas abandonner les Guinéens vivant ou détenus hors du pays.
« Votre gouvernement négocie d’ailleurs activement son transfert pour qu’il puisse purger sa peine en Guinée », affirme-t-il, avant de demander au chef de l’État d’amplifier et d’accélérer les démarches diplomatiques concernant son frère.
Pour la famille, l’objectif n’est pas de remettre en cause la justice mauritanienne, mais d’obtenir une solution humanitaire à une situation qui dure depuis près de deux décennies.
« La famille désespérée ne demande qu’à le revoir »
Dans sa correspondance, Lamine Camara insiste sur l’isolement de son frère, qui serait sans famille en Mauritanie et aurait passé une grande partie de sa vie adulte en détention.
« Il est emprisonné depuis 2008 pour un crime dont il se dit innocent. La famille, désespérée, ne demande qu’à le revoir en Guinée », plaide-t-il.
Tout en reconnaissant la souveraineté de la justice mauritanienne, le frère d’Amara Camara appelle le président guinéen à mobiliser son autorité morale et les prérogatives de l’État pour parvenir à une issue favorable.
« Cette demande n’est pas une ingérence. Les démarches diplomatiques sont en cours. Il s’agit désormais de les amplifier, de les accélérer, de les mener avec toute la force de votre conviction », écrit-il.
Un appel fondé sur la dignité humaine
Lamine Camara présente cette démarche comme un appel à la compassion et à la défense des droits d’un ressortissant guinéen qui, selon sa famille, continue de revendiquer son innocence.
« La République ne doit rien à celui qui a commis un crime. Mais elle doit tout à celui qui, peut-être innocent, attend depuis si longtemps la justice », estime-t-il.
Pour la famille, le rapatriement d’Amara Camara en Guinée constituerait ainsi un geste humanitaire majeur et un symbole de l’engagement des autorités en faveur des Guinéens confrontés à des situations judiciaires difficiles à l’étranger.
« Faites de ce dossier, Excellence, une affaire personnelle. Que cette main tendue que vous avez promise à tous les fils de Guinée aille chercher Amara Camara dans l’ombre de sa prison », conclut Lamine Camara.
Mansaré Soumah Naby Moussa





