L’annonce par le gouvernement français d’une vaste consultation nationale sur l’avenir de l’organisation du culte musulman relance un débat engagé depuis plus de deux décennies. Le Haut Commissariat des Diasporas Africaines de France (HCDAF) salue cette initiative, estimant qu’elle rejoint la démarche qu’il mène depuis plusieurs années en faveur de la création d’un Consistoire Musulman de France.
Cette consultation intervient dans un contexte marqué par les difficultés persistantes à doter l’islam de France d’une représentation unifiée, stable et reconnue par l’ensemble des acteurs. Pour le HCDAF, cette nouvelle phase constitue une reconnaissance du travail de terrain qu’il affirme avoir engagé depuis plusieurs années auprès des musulmans de France.
Un chantier institutionnel ouvert depuis plus de vingt ans
La question de l’organisation du culte musulman demeure un dossier sensible en France. Créé en 2003 sous l’impulsion du ministère de l’Intérieur, le Conseil français du culte musulman (CFCM) avait pour mission d’être l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. Au fil des années, l’institution a toutefois été fragilisée par des crises internes et des divisions.
Face à ces difficultés, les autorités françaises ont progressivement privilégié le Forum de l’islam de France (Forif), une instance réunissant des acteurs locaux désignés par les préfets. Parallèlement, le CFCM poursuit sa réorganisation à travers de nouvelles structures départementales afin de renforcer la représentation des mosquées, tandis que le Forif travaille notamment sur la formation des imams et la transparence du financement des lieux de culte.
C’est dans ce contexte de recomposition que le gouvernement a décidé d’engager une consultation nationale destinée à recueillir les attentes et les propositions des différents acteurs du culte musulman.
Le HCDAF défend son projet de Consistoire musulman
Le HCDAF affirme avoir choisi, dès les premières années de son engagement, d’aborder les questions relatives à l’organisation de l’islam de France, malgré la sensibilité du sujet. Selon l’organisation, plusieurs années de concertation avec des associations, des responsables religieux, des imams, ainsi que des femmes et des jeunes musulmans, ont permis d’élaborer un projet structuré.
Cette réflexion a abouti à la proposition d’un Consistoire Musulman de France, présenté comme une instance de gouvernance reposant sur la représentativité, la transparence et l’intérêt général. L’objectif affiché est de favoriser une représentation légitime du culte musulman et de dépasser les blocages institutionnels observés jusqu’à présent.
Un projet transmis aux autorités françaises
Le HCDAF indique avoir remis un dossier détaillant cette proposition au président de la République il y a un peu plus d’un an, avant de le présenter également au ministre de l’Intérieur ainsi qu’aux responsables en charge des cultes.
Dans un communiqué publié à la suite de l’annonce gouvernementale, l’organisation estime que cette consultation constitue « un signal fort » et marque une évolution dans la manière d’aborder la question de l’islam de France. Selon elle, toute réforme durable doit désormais s’appuyer sur les réalités du terrain et sur l’écoute des musulmans concernés.
« Le début d’une nouvelle étape »
Tout en reconnaissant que la consultation nationale ne reprend pas nécessairement son projet dans son intégralité, le HCDAF considère que la méthode retenue par les pouvoirs publics rejoint sa vision d’une concertation ouverte avec les acteurs de terrain.
L’organisation affirme vouloir poursuivre son engagement en faveur d’un islam de France pleinement inscrit dans les valeurs de la République, indépendant de toute influence étrangère et structuré autour d’une représentation jugée légitime.
« Ce n’est pas l’aboutissement de notre engagement, mais le début d’une nouvelle étape », conclut le HCDAF, qui souhaite participer aux futurs travaux portant sur l’organisation du culte musulman en France.
Mansaré Soumah Naby Moussa





