À quelques heures du lancement des épreuves du Baccalauréat unique, le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MENA-ETFP) hausse le ton face aux risques de fraude. Après le déroulement jugé globalement satisfaisant des examens du Certificat de fin d’Études Élémentaires (CEE) et du Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC), le département annonce une série de mesures strictes destinées à préserver la crédibilité des examens nationaux.
Dans un communiqué, le ministère reconnaît que quelques cas isolés de fraudes organisées via les réseaux sociaux et plateformes numériques ont été enregistrés durant les précédentes évaluations. Des pratiques qui, selon les autorités éducatives, exigent une vigilance accrue afin de garantir l’équité entre les candidats et de préserver la valeur des diplômes guinéens.
Le MENA-ETFP prévient que tout candidat identifié, à l’issue d’enquêtes menées par les services compétents, comme membre d’un groupe ou d’une plateforme numérique (WhatsApp, Telegram, Signal, Facebook ou autres) servant à obtenir ou diffuser frauduleusement les sujets du Baccalauréat verra ses épreuves immédiatement annulées. Il pourra également être déclaré ajourné, même après la proclamation des résultats définitifs, et s’expose à une exclusion des prochaines sessions d’examens, conformément aux textes en vigueur. Le ministère insiste sur le fait que rejoindre un groupe présenté comme une aide à l’examen revient en réalité à mettre en péril son année scolaire et son avenir.
Les autorités avertissent également les cadres impliqués dans l’organisation des examens. Inspecteurs, délégués, surveillants, enseignants et tout autre agent de l’État reconnu coupable de fuite, de vente ou de diffusion des sujets, ou encore de complicité de fraude, feront l’objet d’une radiation définitive de la fonction publique. Des poursuites judiciaires seront également engagées contre eux.
Le secteur privé de l’éducation n’échappe pas à cette offensive. Les fondateurs d’écoles, directeurs d’établissements, enseignants ou tout personnel impliqué dans des réseaux de fraude seront poursuivis pénalement et encourront des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à la fermeture de leur établissement, le retrait de leur agrément et l’interdiction d’exercer dans le domaine de l’enseignement.
Le MENA-ETFP rappelle que le prestige d’un établissement ne saurait être fondé sur des résultats obtenus par la fraude, mais sur la qualité des apprentissages dispensés aux élèves. Toute complicité avec des réseaux de fuite de sujets sera considérée comme une grave trahison de la mission éducative.
Par ailleurs, le ministère informe que les personnes déjà interpellées dans le cadre des fraudes constatées au cours de cette session seront présentées au public, dans le respect de leurs droits, avant de répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.
Mansaré Soumah Naby Moussa





