À N’zérékoré, la question du respect des textes encadrant la transition refait surface. Le président des ONG de défense des droits de l’homme, Emmanuel Fassou Sagno, est monté au créneau pour interpeller les autorités sur l’application stricte des dispositions légales interdisant aux membres des délégations spéciales de se porter candidats aux prochaines élections communales.
S’appuyant sur le décret D-024-0062-PRG du CNRD du 27 mars 2024, Emmanuel Fassou Sagno rappelle que l’article 3 stipule clairement qu’« aucun membre d’une délégation spéciale ne peut faire acte de candidature aux prochaines élections communales ». Selon lui, ce décret vient renforcer les principes déjà établis par la Charte de la Transition. Il cite notamment : L’article 55 de la Charte, qui interdit au Premier ministre et aux membres du gouvernement d’être candidats à toute élection à la fin de la transition ; L’article 65, qui empêche les membres du Conseil National de la Transition (CNT) de briguer un mandat électif et l’article 46, qui concerne le Président de la République et les membres du CNRD « Oui, c’est vrai que le Président de la République, vu plusieurs aspects, n’a pas respecté ces dispositions de la Charte de la Transition. Mais cela ne peut pas nous permettre de continuer toujours à violer nos textes de lois », a-t-il déclaré.
Poursuivant, Emmanuel Fassou Sagno souligne également que, selon le code des collectivités, une délégation spéciale ne doit pas excéder un an. Elle est mise en place uniquement pour organiser des élections et ne saurait, à ce titre, se transformer en tremplin politique pour ses membres.
Dans la continuité de son intervention, il lance un appel solennel aux autorités : « Que la même décision soit appliquée aux ministres et aux membres du CNT. Qu’ils sachent qu’ils ne peuvent compétir à aucune élection dès lors que nous sommes à la fin de la transition. ».
Pour le président des ONG de défense des droits de l’homme, l’enjeu est aussi moral et démocratique. « Nous sommes 17 millions de Guinéens. On ne peut pas vouloir être à tout bout de champ, à tous les postes », insiste-t-il. Il estime que ceux qui ont gouverné pendant les quatre années de transition doivent laisser la place à d’autres citoyens désireux de contribuer au développement du pays. « D’autres n’ont pas voulu participer à la transition parce qu’ils pensaient qu’un moment viendrait où eux aussi pourraient servir autrement, en se portant candidats aux législatives ou aux communales », conclut-il.
À l’approche des échéances électorales, cette sortie ravive le débat sur l’exemplarité des dirigeants et le respect strict des textes fondateurs de la transition en Guinée
De N’zérékoré Gilbert Yoma Neyo Tinguiano kalenews.org






Connaissant bien l’engagement constant de Monsieur Emmanuel Fassou Sagno en faveur des droits humains, son interpellation s’inscrit dans la continuité de son combat pour la légalité et la justice. Depuis N’Zérékoré, il rappelle avec courage que le respect de la Charte de la Transition et des décrets pris par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) ne doit souffrir d’aucune interprétation opportuniste. Son appel n’est ni une attaque ni une posture politique, mais une exigence de cohérence : on ne peut bâtir une démocratie solide en contournant les textes qui en constituent le fondement.
Fidèle à sa réputation d’homme de principes, Emmanuel Fassou Sagno met en avant une vision éthique de la gouvernance en Guinée. Son message est clair : la transition ne doit pas devenir un tremplin personnel, mais un passage responsable vers un ordre institutionnel stable et équitable. En défendant l’application stricte des dispositions légales, il contribue à élever le débat public et à rappeler que l’exemplarité des dirigeants demeure la première condition de la confiance citoyenne.