Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la modernisation du secteur énergétique guinéen. L’Électricité de Guinée (EDG-SA) a réceptionné, ce dimanche 28 juin à Conakry, un important lot d’engins lourds destinés à renforcer ses capacités d’intervention sur le réseau électrique national. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah.
Cette acquisition, financée à hauteur de 35 milliards de francs guinéens grâce à un partenariat entre Access Bank, Vista Gui, ENGIK et les autorités guinéennes, comprend près de 70 engins et véhicules, notamment des grues pour les lignes haute tension, des camions nacelles, des remorques, des ateliers mobiles ainsi que des véhicules destinés aux interventions sur les réseaux moyenne et basse tension.

Dans sa prise de parole, le Président-directeur général du groupe ENGIK, Emmanuel Noorenberghe, a souligné que cette livraison dépasse le simple cadre d’une remise de matériel.
«Ce que nous célébrons ici n’est pas une simple livraison, c’est l’aboutissement d’un engagement commun et le début d’une nouvelle étape pour EDG. Nous remettons aujourd’hui à EDG près de 70 engins et véhicules, des grues lourdes pour la haute tension, des camions nacelles, des remorques, des ateliers mobiles, des véhicules légers pour les moyennes et basses tensions. Tout cela permet à EDG d’intervenir partout où le réseau l’exige, en pleine autonomie», a annoncé Emmanuel Noorenberghe.
Il a également l’accent sur la capacité opérationnelle créée par cet engin. «Un seul engin, seul, ne résout rien. Ce qui compte, c’est la capacité opérationnelle qu’il crée. C’est pourquoi nous avons livré une solution complète : financement, matériel, assurance, et le point le plus important, la formation. Formation des chauffeurs, formation des techniciens. Et nous les accompagnerons sur ces deux sujets, pendant une durée de 5 ans. Ces équipes vont conduire et entretenir les machines. Elles sont au cœur de ce partenariat».
Pour le Directeur général d’EDG, Elhadj Gando Barry, cette acquisition permettra à la société de réaliser d’importantes économies tout en renforçant la maîtrise de ses opérations.
«Avec le projet que nous avons lancé avec ENGIK, nous divisons par trois les coûts qui sont liés à la location du matériel et des équipements. Et nous contrôlons. Parce qu’encore une fois, lorsque vous louez et vous ne contrôlez pas les machines, vous ne contrôlez pas non plus la sécurité des engins qui sont mis à votre disposition», a-t-il dit.
Poursuivant, le DG de l’EDG a également rassuré quant à la bonne gestion des nouveaux équipements. «Ces équipements sont assurés, ces équipements disposent de GPS qui nous permettent de traquer leur utilisation, mais aussi il y a le paquet formation de cinq ans par rapport à ces équipements. Ce qui nous permettra de faire monter en compétences non seulement le personnel que nous avons, mais aussi le personnel que nous allons recruter pour l’utilisation de ces équipements», a rassuré Elhadj Gando.
De son côté, le ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara, a estimé que cette acquisition constitue une avancée majeure dans les efforts de réforme du secteur. Il a également insisté sur l’importance de la formation assurée par ENGIK, qui contribuera à professionnaliser davantage les équipes techniques intervenant sur le réseau national.
« Grâce à la vision du Président de la République, Mamadi Doumbouya, nous sommes entrain de travailler pour réformer ce secteur et c’est une preuve aujourd’hui avec l’acquisition de ces équipements qui vont venir donner une autre forme à notre maintenance. Aujourd’hui, le Guinéen n’est plus prêt à accepter même 30 minutes de coupure. Et le temps de réponse pour EDG c’est d’être équipé. Ces équipements vont nous permettre d’améliorer le temps de réponse lors des pannes. Organiser aussi des formations avec ENGIK pour qualifier vraiment leur intervention sur notre réseau», s’est-il réjoui.
Clôturant la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah a salué l’ingénierie financière ayant permis la concrétisation de ce projet sans alourdir l’endettement de l’État.
«Les équipements d’aujourd’hui est un premier pas et je salue le montage, l’ingénierie financière qui a été mis en place pour que cela puisse être possible. Et j’en profite pour dire que dans notre logique de désendetter l’État, de ne pas compter sur le budget national de développement qui est aussi un autre problème, ce n’est pas l’occasion d’en parler. Nous allons utiliser ce système qui permet, à travers des SPV, de permettre à des opérateurs, à des bailleurs, à des banques, lorsque l’activité peut être rentabilisée, de faire en sorte que les SPV permettent à la puissance publique de ne pas s’occuper de certains problèmes, de ne pas avoir un endettement lourd, avec des conséquences qui peuvent être désastreuses à l’avenir», a-t-il lancé.
Le chef du gouvernement a aussi réaffirmé l’ambition des autorités de faire de la question de l’électricité un problème définitivement résolu dans les trois prochaines années. « Soyons très rigoureux, essayons de faire en sorte que dans les trois années à venir, que la question de l’électricité soit définitivement derrière nous».
Mansaré Soumah Naby Moussa