Ces derniers jours, l’interpellation de neuf personnes, dont huit filles et un garçon, parmi lesquelles deux majeurs suite à une affaire de bastonnade, a fait grand bruit dans la ville de Labé. Dans une déclaration rendue ce mardi 10 février 2026, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Labé, Mohamed Samoura a précisé les circonstances de ces interpellations et promis le suivi d’une procédure judiciaire rigoureuse.
« Les 6 et 7 février 2026, la brigade de recherche de Labé a interpellé neuf personnes dans le cadre de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant de jeunes collégiennes en train de battre leurs camarades. Parmi les neuf personnes interpellées, sept sont mineures. Le juge des enfants sera saisi. Le procureur de la République a pris un réquisitoire introductif et a saisi le juge d’instruction afin d’ouvrir une information judiciaire pour des faits de coups et blessures volontaires, de violences et de diffusion de données portant atteinte à la dignité humaine, ainsi que pour atteinte à la vie privée par l’enregistrement et la transmission de paroles prononcées dans un lieu privé sans le consentement des personnes concernées », a expliqué Mohamed Samoura.
Rappelant la gravité de ces faits et leur cadre légal, le procureur a ajouté : « Ces faits sont prévus et punis par les articles 239 et 358 du code pénal, ainsi que par les articles 31 et 32 de la loi relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel. Lundi, le juge d’instruction a procédé à leur inculpation et les a placés sous mandat de dépôt, y compris le garçon parmi eux. La loi prévoit également la possibilité de traiter séparément les dossiers impliquant des mineurs et des majeurs. Toutefois, nous avons décidé, pour le moment, de renvoyer l’ensemble des personnes devant le juge des enfants, qui, après information, procédera à une disjonction et ouvrira deux procédures distinctes si nécessaire. »
Le procureur a également rappelé : « Il est interdit par la loi de filmer une personne sans son consentement. Dans ce cas précis, certaines des personnes poursuivies ont enregistré leurs camarades sans autorisation, ce qui a déclenché toute cette affaire. »
Pour conclure, Mohamed Samoura promet qu’aucune influence, interne ou externe, ne pourra entraver la procédure judiciaire, et toutes les personnes concernées seront jugées conformément à la loi, leurs droits étant strictement respectés.
Boubacar Garki Diallo, correspondant régional de Kalenews.org à Labé.
