L’affaire de l’altercation conjugale survenue le 2 août 2026 dans le quartier Domby, au sein de la commune urbaine de Labé, connaît un nouveau développement. Youssouf Barry, un enseignant qui aurait été blessé à l’abdomen par son épouse au cours de cette dispute, est décédé à Conakry après avoir bénéficié d’une prise en charge médicale à Labé. Alors que sa femme demeure incarcérée à la maison centrale de Labé, les autorités judiciaires cherchent à déterminer si ce décès est lié aux blessures subies lors de l’incident.
Contacté ce mercredi 21 octobre 2026, Mamadou Diouldé Diallo, chef du quartier Domby, a confirmé avoir été informé du décès par la famille de Youssouf Barry. Il retrace le parcours médical de ce dernier et explique comment la nouvelle lui est parvenue.
« On l’avait envoyé à l’hôpital après l’altercation entre les deux conjoints. La victime avait reçu des soins et, comme son état semblait s’améliorer, elle avait été autorisée à quitter l’hôpital, avec la recommandation de se reposer pendant trois mois. Si elle ne ressentait plus de douleurs durant cette période, cela pouvait signifier qu’elle était guérie. Après avoir terminé ses pansements, il était parti au village. À ma grande surprise, vers la fin de la semaine dernière, alors que j’étais assis quelque part en ville, quelqu’un m’a appelé pour me demander si j’étais informé du décès de Youssouf Barry. Comme j’avais le numéro de téléphone de sa petite sœur, je l’ai appelée pour obtenir confirmation. Dès qu’elle a décroché, elle s’est mise à pleurer et m’a confirmé que son grand frère était décédé. Je lui ai demandé dans quelles circonstances cela s’était produit. Elle m’a expliqué que son frère s’était rendu à Conakry pour régler des documents liés à son travail, puisqu’il était enseignant. C’est pendant son séjour qu’il aurait commencé à ressentir des douleurs au ventre. Il aurait d’abord été admis dans une clinique avant d’être transféré à l’hôpital Donka pour des examens. C’est là-bas qu’il est décédé », a expliqué Mamadou Diouldé Diallo.

D’après les informations communiqués au chef de quartier par la sœur du défunt, Youssouf Barry aurait perdu la vie avant que les résultats de ses examens médicaux ne soient disponibles. Son inhumation aurait également eu lieu dans la capitale. Mamadou Diouldé Diallo évoque par ailleurs les échanges qu’il a eus avec une personne chargée du suivi judiciaire de l’affaire.
« Sa petite sœur m’a expliqué qu’il était décédé avant que les résultats des examens ne soient disponibles et qu’il avait été enterré à Conakry. Son décès serait survenu entre samedi et dimanche. Je ne me rappelle plus exactement du jour, mais c’était pendant le week-end. Une personne chargée du dossier au niveau de la justice m’a également appelé pour me demander confirmation. Je lui ai rapporté les mêmes informations et lui ai communiqué le numéro de téléphone de la petite sœur de la victime. Je pense que les membres de la famille pourront fournir le certificat de décès ou d’autres informations complémentaires. Avant de se rendre à Conakry, Youssouf Barry était allé à la prison pour rendre visite à son épouse. Il avait déclaré lui avoir pardonné. Mais je ne sais pas si cela avait été formalisé par écrit, car, devant la justice, il faut des preuves », a ajouté le chef de quartier.
Sur le plan judiciaire, la femme de Youssouf Barry avait été entendue dans le cadre de l’enquête ouverte après les violences présumées du 2 août. Placée sous mandat de dépôt, elle avait été poursuivie pour coups et blessures. L’examen de l’affaire avait ensuite été renvoyé dans l’attente de l’évolution de l’état de santé de son époux.
Le décès de Youssouf Barry pourrait désormais avoir des répercussions sur la procédure. D’après les informations obtenues auprès du parquet, un document médical relatif à sa mort a été demandé pour être ajouté au dossier judiciaire. Il devra notamment contribuer à éclaircir les circonstances du décès et à déterminer l’existence éventuelle d’un lien avec les blessures précédemment signalées.
Dans l’hypothèse où les conclusions médicales établiraient que la mort résulte des blessures occasionnées lors de l’altercation, les autorités judiciaires pourraient envisager une requalification des poursuites en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Pour l’heure, aucune conclusion médicale définitive permettant d’établir ce lien n’a été communiquée. L’épouse du défunt, qui bénéficie de la présomption d’innocence, reste détenue à la maison centrale de Labé dans l’attente de la suite de la procédure.
Boubacar Garki Diallo Correspondant régional de Kalenews.org à Labé