La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu son verdict ce mardi 23 juin dans l’affaire impliquant l’ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Ibrahima Chérif Bah. La juridiction a confirmé l’essentiel de la décision prononcée en première instance, maintenant la peine de cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’un mandat d’arrêt contre l’ancien haut responsable de l’État.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et abus de fonction, Ibrahima Chérif Bah a été définitivement reconnu coupable par la juridiction d’appel. Les faits portent notamment sur le détournement présumé d’un montant estimé à 10,5 millions de dollars américains.
Lors de l’audience du 26 mai dernier, le ministère public avait sollicité un alourdissement de la peine, réclamant dix ans de réclusion. Toutefois, la Chambre des appels a rejeté cette requête et choisi de confirmer la sanction initialement prononcée, soit cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de cinq milliards de francs guinéens.
Absence de l’accusé et mandat d’arrêt renouvelé
L’ancien gouverneur n’ayant pas comparu devant la Cour, les magistrats ont décidé de renouveler le mandat d’arrêt émis à son encontre afin de permettre l’exécution effective de la décision judiciaire.
Sur le plan des réparations civiles, l’État guinéen, constitué partie civile dans ce dossier, obtient gain de cause. La Cour a ordonné à Ibrahima Chérif Bah de rembourser la somme de 10,5 millions de dollars correspondant aux fonds détournés. À cela s’ajoute le paiement de 10 milliards de francs guinéens en réparation des préjudices subis par l’État.
Confiscation des biens et publication au Journal officiel
La décision judiciaire prévoit également la confiscation définitive de l’ensemble des biens et avoirs de l’ancien gouverneur, lesquels seront intégrés au patrimoine de l’État guinéen.
Enfin, la Chambre des appels a ordonné la publication du verdict dans le Journal officiel de la République de Guinée. Les frais liés à cette publication seront entièrement supportés par le condamné.
Mansaré Soumah Naby Moussa
