À quelques jours de la fête du Ramadan, période habituellement marquée par une forte activité dans les ateliers de couture, de nombreux artisans font face à une réalité préoccupante qui est le manque de liquidité. Cette situation impacte directement leur capacité de production et fragilise un secteur déjà confronté à plusieurs défis. C’est le cas à Matoto, dans la haute banlieue de Conakry où les couturiers et couturières constatent une baisse significative des commandes.
« Les clients viennent se renseigner, mais peu d’entre eux passent à la commande », nous confie Hawa Sylla. Selon elle, même les habitués hésitent désormais à engager des dépenses jugées non prioritaires. Cette tendance se traduit par une diminution du chiffre d’affaires, alors que les charges, elles, restent inchangées.
Du côté des tailleurs, les difficultés d’accès à la liquidité affectent également l’approvisionnement du matériel. Les tissus, fils et autres accessoires deviennent plus difficiles à acquérir, surtout lorsque les fournisseurs exigent des paiements par liquidité. Certains artisans se voient obligés de réduire leur activité, voire même suspendre temporairement leur production.
Face à cette situation, plusieurs acteurs du secteur appellent à des mesures de soutien. Ils plaident notamment pour un meilleur accès aux services financiers, ainsi que des mécanismes facilitant les transactions, afin de relancer la dynamique économique à l’approche des grandes fêtes.
En attendant, les ateliers de couture tentent de s’adapter en diversifiant leurs offres ou en proposant des facilités de paiement. Mais pour beaucoup, ces solutions restent insuffisantes face à l’ampleur du problème.
Mansaré Soumah Naby Moussa
