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Affaire hôpital Jean Paul II : la CRIEF clôt les débats et renvoie le dossier au 15 juin pour les réquisitions

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La Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a clôturé, ce lundi 8 juin, les débats dans l’affaire mettant en cause la direction de l’hôpital Jean Paul II ainsi que plusieurs coaccusés. Après plusieurs heures d’audience marquées par l’audition de témoins et les échanges entre les différentes parties, la juridiction a renvoyé le dossier au 15 juin prochain pour les réquisitions du parquet spécial et les plaidoiries des avocats.

Au cœur de cette procédure judiciaire figurent trois prévenus : Soriba Soumah, directeur général de l’hôpital Jean Paul II, Ismaël Traoré, fournisseur, et Mohamed Sangaré, comptable de l’établissement actuellement en fuite. Ils sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité.

Selon les éléments rappelés à l’audience, Soriba Soumah et Ismaël Traoré sont placés en détention préventive depuis le mois d’avril dernier. 

Deux employés de l’hôpital entendus comme témoins

Au cours des débats, la cour a entendu les témoignages de deux agents de l’hôpital Jean Paul II : Ibrahima Barry, chargé des matériels, et le Dr Mandian Camara, médecin chef de service.

Interrogé sur la disparition d’un groupe électrogène offert à l’établissement par des partenaires indiens, Ibrahima Barry a affirmé avoir appris que l’équipement avait été sorti de l’hôpital pour réparation à l’initiative du comptable Mohamed Sangaré.

« J’ai appris par les vigiles que c’est le comptable Sangaré qui a fait sortir le groupe électrogène pour la réparation. Depuis ce jour, je n’ai plus revu ce groupe électrogène. J’avais même informé le directeur général », a-t-il déclaré devant la cour.

De son côté, le Dr Mandian Camara est revenu sur les différends qui l’opposent à la direction générale de l’hôpital. Le médecin, qui figure parmi les personnes ayant dénoncé le directeur général auprès du parquet spécial, a affirmé avoir subi des mesures qu’il juge injustifiées. Selon lui, ses relations avec Soriba Soumah se sont détériorées après qu’il eut refusé de collaborer avec deux personnes recommandées par ce dernier pour travailler dans le service de pharmacie.

Le médecin chef a également soutenu que le directeur général lui aurait suggéré d’augmenter le nombre de patientes souffrant de fistule obstétricale afin de bénéficier d’un soutien financier de l’État, une accusation qui a suscité de vives réactions dans la salle d’audience.

La défense dénonce un règlement de comptes

Face à ces accusations, Soriba Soumah a catégoriquement rejeté les faits qui lui sont reprochés. Le directeur général estime que les dénonciations à son encontre s’inscrivent dans le cadre d’un règlement de comptes interne. Selon lui, certains plaignants n’auraient jamais accepté sa nomination à la tête de l’hôpital Jean Paul II et chercheraient à obtenir son départ à travers cette procédure judiciaire.

Après avoir examiné les différentes demandes des parties, la cour a rejeté la requête de mise en liberté introduite par la défense. Les prévenus concernés demeurent donc en détention en attendant la suite de la procédure.

L’affaire reprendra le 15 juin 2026, date à laquelle le parquet spécial présentera ses réquisitions avant les plaidoiries des avocats de la défense, une étape décisive avant le délibéré de la juridiction.

Mansaré Soumah Naby Moussa

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