Une nouvelle affaire relance le débat sur l’accès aux soins d’urgence en Guinée. Selon le témoignage d’un citoyen ayant assisté à un grave accident de la circulation dans la nuit de samedi 21 mars à dimanche 22 mars 2026, plusieurs structures hospitalières de la capitale, dont les hôpitaux Donka et Ignace Deen, sont accusées d’avoir refusé ou retardé la prise en charge d’un patient en état critique.
Un accident grave au marché de Matoto
D’après le témoin, les faits se sont déroulés aux environs de 23 heures au niveau du marché de Matoto, lorsqu’un minibus a violemment percuté une moto transportant deux personnes. Si le conducteur de l’engin s’en est sorti avec une blessure à la hanche, le passager, lui, présentait un état bien plus préoccupant : inconscient, probablement dans le coma, et souffrant d’une fracture du tibia. Face à l’urgence, des personnes présentes ont tenté de lui trouver une prise en charge médicale rapide.
Une première clinique démunie
Transportés vers une clinique à proximité, les victimes n’ont pas reçu le même traitement. Le conducteur, disposant d’une pièce d’identité, a pu être admis. En revanche, le passager, inconscient et sans aucun document, n’a pas été pris en charge.
Selon le témoin, le personnel médical aurait évoqué un manque d’équipement pour effectuer une réanimation, recommandant un transfert vers les hôpitaux publics, notamment Donka ou Ignace Deen.
De Donka à Ignace Deen, un parcours chaotique
Arrivés à Donka, le témoin explique avoir été confronté à des exigences administratives. Ne pouvant prouver un lien de parenté avec la victime ni se porter garant, il affirme que la prise en charge lui a été refusée. Plus surprenant encore, il dit avoir été informé que l’établissement « ne serait plus un hôpital public », avant d’être redirigé vers le Camp Camayenne.
Sur place, le même scénario se répète. Après explication de la situation, il est à nouveau orienté… vers Donka ou Ignace Deen.
Le groupe décide alors de se rendre à Ignace Deen. Là encore, des questions sur l’identité du patient et la responsabilité du témoin sont posées. Le blessé est finalement admis dans un service, mais sans réelle prise en charge d’urgence.
Selon le témoignage, une agente hospitalière aurait indiqué que les médecins capables d’assurer la réanimation ne sont plus présents dans l’établissement, faute de matériel adéquat. Le patient est alors redirigé vers l’hôpital sino-guinéen.
Une prise en charge sous condition
À l’hôpital sino-guinéen, la situation semble légèrement évoluer. Conscient de l’urgence et refusant d’abandonner le blessé, le témoin insiste. Le patient est finalement admis, mais sous condition : le témoin doit se porter garant jusqu’à l’identification de la victime.
Un délai de deux jours lui aurait été accordé pour retrouver les proches du patient, faute de quoi sa responsabilité pourrait être engagée.
Selon le témoin, le patient se trouve à l’hôpital sino-guinéen et, pour l’heure, aucun membre de sa famille n’est joignable.
Mansaré Soumah Naby Moussa
