Tariq Ramadan de nouveau mis en examen pour le viol de deux autres femmes

Ces deux femmes, interrogées comme témoin par les policiers en février 2019, ont été identifiées sur des photos retrouvées dans l’ordinateur de l’islamologue suisse.

Tariq Ramadan a été mis en examen pour le viol de deux autres femmes, identifiées l’an dernier par l’enquête, au terme de son interrogatoire par les juges d’instruction ce jeudi au tribunal de Paris, a appris l’AFP auprès de son avocat. 

Ces deux femmes, interrogées comme témoin par les policiers en février 2019, ont été identifiées sur des photos retrouvées dans l’ordinateur de l’islamologue suisse de 57 ans, qui conteste toutes les accusations. Elles n’ont pas encore été entendues par les juges d’instruction et l’une des deux s’est finalement constituée partie civile ces derniers jours. 

“Il y a une volonté de poursuivre Tariq Ramadan coûte que coûte et ce contre les évidences”, a réagi son avocat, Me Emmanuel Marsigny. “Alors que les mensonges des premières accusatrices sont désormais clairement établis, il vient d’être de nouveau mis en examen alors que la première femme visée a elle-même déclaré que les relations avaient été ‘consenties’ et que l’autre femme ne s’est jamais plainte de leurs deux rencontres”, a-t-il ajouté.  

“Cette affaire devient grotesque, elle est surtout très inquiétante par sa dérive et le dévoiement des règles de droit”, a conclu l’avocat de Tariq Ramadan. Ce dernier était convoqué le 23 janvier, mais il avait fait, ce jour-là, un malaise au rez-de-chaussée du tribunal, entraînant l’annulation de l’audition.  

Son dernier interrogatoire sur le fond remonte au 22 octobre 2018, jour de sa volte-face : après neuf mois de détention et de dénégations, Tariq Ramadan avait reconnu avoir eu des rapports sexuels avec ses deux premières accusatrices, mais selon lui “consentis”. 

Les deux femmes le décrivent comme un “manipulateur”

Aux enquêteurs, les deux femmes ont raconté en février 2019 comment ce “manipulateur” les avait entraînées chacune dans une relation “dominant-dominé” virtuelle avant un rendez-vous brutal. “Je lui demandais d’être plus doux, mais il me disait : ‘C’est de ta faute, tu le mérites’ (…) et qu’il fallait obéir”, a rapporté l’une des deux, relatant une relation de 2015. 

“C’est d’un autre ordre qu’un viol physique, (…) il y a un viol moral”, a expliqué l’autre, au sujet de deux rencontres en mars 2016 à Paris. “Mais cette relation a été consentie, oui. Il faudrait une autre infraction pour ce genre de personnes”, a-t-elle ajouté. Cette dernière, âgée de 37 ans, a fini par se porter partie civile récemment, devenant la cinquième femme en France à porter plainte contre l’islamologue. L’autre femme n’a pas été contactée par les juges, selon une source proche du dossier. 

Tariq Ramadan est mis en examen depuis 2018 pour “viol” et “viol sur personne vulnérable”, pour les faits dénoncés par Henda Ayari et “Christelle”, respectivement en 2012 à Paris et en 2009 à Lyon. Une troisième femme, Mounia Rabbouj, l’a ensuite accusé de neuf viols sur la période 2013-2014. Pour ces faits, il n’est pas poursuivi. 

Une quatrième plainte a été déposée l’été dernier par une femme surnommée “Elvira”, mais son récit n’est pas corroboré par les vérifications de la brigade criminelle et elle ne s’est pas rendue aux convocations de la justice. Libéré le 16 novembre 2018, après presque 10 mois de détention, Tariq Ramadan a remis ses passeports suisse et britannique. 

Tariq Ramadan, qui dénonce les “mensonges” de ces accusatrices et “l’emballement médiatique”, est interdit de quitter le territoire depuis sa sortie de prison. Pour la deuxième fois, la justice lui a refusé mardi l’autorisation de se rendre ponctuellement à son domicile londonien, selon des sources proches du dossier. 

En congé de l’université d’Oxford depuis le déclenchement de l’affaire fin 2017, l’islamologue souhaite notamment reprendre les consultations auprès des médecins britanniques qui ont confirmé en 2016 son diagnostic d’une sclérose en plaques. 

Avec l’express

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