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Sénégal/Ziguinchor : deux femmes conduites au parquet pour des faits présumés de traite et d’exploitation sexuelle

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L’antenne régionale de Ziguinchor de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a conduit au parquet, le 15 septembre 2026, deux individus soupçonnés d’être impliqués dans un réseau de traite des personnes et d’exploitation sexuelle.

Les deux mises en cause sont poursuivies pour association de malfaiteurs, proxénétisme, extorsion de fonds, traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, faux et usage de faux en documents administratifs, ainsi que complicité de viol.

L’affaire a été déclenchée à la suite d’informations faisant état de la présence de plusieurs jeunes femmes étrangères dans un appartement situé à Kandialang, à Ziguinchor. Celles-ci étaient susceptibles d’être victimes de traite des personnes. Les investigations menées par les agents de la DNLT ont permis de localiser les lieux et d’y découvrir sept ressortissantes de la sous-région, dont certaines étaient âgées de 14 ans.

Conduites dans les locaux du service pour vérifications et auditions, les jeunes femmes ont livré des témoignages concordants. Elles ont expliqué avoir été recrutées depuis la Sierra Leone, certaines étant passées par la Guinée-Bissau, sur la base de promesses d’emploi ou de meilleures conditions de vie.

Selon leurs déclarations, une fois arrivées à Ziguinchor et installées dans l’appartement, elles auraient été soumises à des conditions d’exploitation sexuelle. Les victimes ont mis en cause les deux suspectes, qu’elles présentent comme des maillons d’un réseau transnational opérant entre la Sierra Leone, la Guinée-Bissau et le Sénégal.

Une dette de 1,5 million de francs CFA évoquée

Les victimes ont également déclaré qu’une dette de 1 500 000 francs CFA leur aurait été imposée. Certaines auraient déjà remboursé cette somme, tandis que d’autres seraient toujours engagées dans son remboursement.

Elles ont affirmé percevoir 3 000 francs CFA par client, les recettes étant remises aux recruteuses à la fin de chaque journée. Des cahiers retrouvés sur place auraient servi à consigner les recettes, avec des listes de noms et différents montants.

Les jeunes femmes ont par ailleurs fait état de la confiscation de leurs pièces d’identité et de leurs téléphones portables, une pratique qui aurait eu pour objectif de limiter leurs déplacements et leurs communications.

Des pratiques à caractère occulte ou rituel ont également été rapportées. Les victimes ont notamment évoqué la coupe de leurs poils pubiens, des vidéos ayant été réalisées à cette occasion et utilisées, selon leurs déclarations, comme moyens de pression et de contrainte.

Des soupçons de falsification de documents

Concernant les carnets sanitaires, certaines victimes ont déclaré ne s’être jamais présentées personnellement dans un district sanitaire. Elles ont soutenu que ces documents auraient été fabriqués à partir de pièces anciennes, avec notamment une substitution de photographies et une modification des informations d’identité afin de dissimuler leur véritable âge.

Un cas impliquant une victime recrutée alors qu’elle était âgée de 14 ans a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs. Selon son témoignage, elle aurait été recrutée en Sierra Leone à la suite de fausses informations communiquées à ses parents sur la nature de l’emploi proposé.

Un faux document d’identité aurait ensuite été établi afin de la faire passer pour majeure avant son transfert vers la Guinée-Bissau. Elle aurait alors été placée sous le contrôle d’une tierce personne.

La jeune fille affirme qu’à son arrivée, alors qu’elle était encore vierge, elle aurait appris qu’elle était destinée à la prostitution. Après avoir refusé, elle aurait été brutalisée puis conduite dans un bar situé en face du garage de Canchungo, en Guinée-Bissau, où elle aurait été soumise à des actes sexuels imposés. Elle aurait ensuite été maintenue contre son gré pendant plusieurs jours avant d’être transférée à Ziguinchor pour y poursuivre son exploitation.

Les mises en cause reconnaissent pour l’essentiel les faits

Confrontées aux déclarations des victimes, les deux mises en cause ont, pour l’essentiel, reconnu les faits qui leur sont reprochés. Elles ont notamment admis avoir recruté certaines jeunes femmes et les avoir hébergées dans le but de leur exploitation sexuelle.

L’enquête, menée par l’antenne régionale de la DNLT de Ziguinchor, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la traite des personnes et les réseaux de trafic de migrants et pratiques assimilées.

Mansaré Soumah Naby Moussa

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