Que devient le reggae guinéen ? S’interroge Aly Leno

Le mécène et opérateur culturel Aly Leno vient de poster sur l’état du genre musical guinéen qui est entrain de disparaître des radars.

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« Zoom sur le reggae guinéen. Il y a une vingtaine d’années voire plus, la musique reggae made in Guinée attirait les regards, la curiosité, la convoitise de nombreux spécialistes et observateurs. Les reggae men guinéens faisaient rêver plus d’un. Notre pays était même considéré après la Côte d’Ivoire comme le renouveau du reggae africain. L’espoir était permis.

Alpha Wess, Elie Kamano, Takana Zion, Ras Condel, Joe Dioubaté, Abdoul Jabbar ont marqué le paysage musical guinéen et la jeunesse de par leurs talents de chanteurs et compositions. Ils occupèrent à chaque sortie de disques ou singles les premières places du hit parade guinéen. Ils inspiraient la jeunesse guinéenne, leur musique consciente et revendicative était un vrai régal. Leurs nom et musique dépassaient même les frontières guinéennes et résonnaient sur des chaînes internationales comme RFI, BBC etc. Mais qu’est devenu le reggae guinéen?

Aujourd’hui, force est de constater que la musique reggae et les reggae men sont en perte de vitesse depuis plusieurs années. À peine s’ils sont visibles sur les scènes nationales et à l’international n’en parlons même pas. Plusieurs raisons pourraient expliquer cette descente aux enfers. Parmi les noms cités plus haut, Takana Zion est le plus actif sur le marché. Il fait quelques apparitions scéniques sur le continent et ailleurs mais peine à s’imposer à l’international avec tout le potentiel qu’il possède.

Elie Kamano a fait parler de lui partout en Guinée et dans la sous-région avec sa musique engagée et des textes poignants et dénonciateur sans véritablement s’imposer sur le continent. Il a enfin décidé de raccrocher au profit de la politique. Ras Condel n’a plus de temps pour la zik. Il préfère gérer en douce son entreprise de com. Abdoul Jabbar quant à lui se bat comme un “beau diable” pour revenir. Il est au labo pour son nouvel album. À un moment donné, il était bien lancé.

En 2018, Alpha Wess “le badè guemba” fait son come back au bled après plus de 10 ans d’absence avec son nouveau projet musical mais il s’est vite aperçu que le Game a changé. Joe Dioubaté (mon beau) est mal plus grande deception. Il a tout simplement disparu. Que dire de Baba Samba après trop de bruits sur lui. Mais hélas!

Avec tous ces talents, le reggae guinéen ne décolle pas. Le mouvement est mal structuré et organisé. Face à d’autres styles musicaux, la musique de Bob Marley peine à s’imposer de nos jours en Guinée. Le manque de leadership, de vision de certains adeptes de cette musique, d’organisations, de promotion et d’espaces dédiées ont contribué à la chute honteuse de cette musique spirituelle, revendicative et agréable à écouter. Que du gâchis !

J’espère que le reggae guinéen renaitra très très bientôt de ses cendres. Jah !! » 

kalenews

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