N’Tara Abdoul Gadiri Diallo, i khoungna nara Sekou Koundouno, je te reviens au 80ème jour de ce voyage insupportable vers ton seigneur

En ce jour de symposium à ton honneur,  je voulais être là mais avant ton voyage tu avais remarqué ma prudence et ma vigilance

N’Tara nous voici aujourd’hui au bord du vide

Les droits de l’homme sont piétinés et foulés à même le sol par le despote de Conakry et ses sbires

Puisque nous cherchons partout le visage que nous avons perdu qui incarnait la défense de ce fondement essentiel de l’existence de l’être humain

Tu étais notre avenir, notre espoir et nous avons perdu notre avenir.

Tu étais des nôtres et nous t’avons perdu

Cette part de nous-mêmes.

Tu nous questionnais et nous avons perdu ta question.

Nous voici seuls, nos lèvres serrées sur nos pourquoi.

Nous sommes venus ici chercher, chercher quelque chose ou quelqu’un.

Chercher cet amour plus fort que la mort nous a arraché

N’tara si tu m’entends, réponds moi

Car je suis et nous sommes dans une désolation totale.

Il restera de toi grand frère, de ton jardin secret,

Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.

Ce don tu as donné, en d’autres fleurira.

Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert

Entre les bras ouverts un matin au soleil.

Il restera de toi ce que tu as perdu

Que tu as attendu plus loin que les réveils,

Ce dont tu as souffert, en d’autres revivra.

Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée,

Un sourire germé sur les yeux de ton cœur.

Il restera de toi ce que tu as semé

Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.

Ce que tu as semé, en d’autres germera.

Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit.

C’est un immortel qui commence.

C’est pourquoi en allant confier où il dormira doucement à côté des siens,

En attendant que j’aille l’y rejoindre,

Car la douleur qui me serre le cœur raffermit

 À chacun de ses battements,

ma certitude qu’il est impossible D’autant aimer un être et de le perdre pour toujours.

Ce que nous avons aimé et que nous avons perdu ne sont plus où ils étaient,

Mais ils sont toujours et partout où nous sommes.

Quand dans le ciel, je vois des magnolias,

Quand les nuages dessinent des licornes et des acacias,

Je pense à toi.

Dans la société civile, nous nous sommes rencontrés,

En Guinée, nous nous sommes embrassés

Au FNDC, nous nous sommes couchés.

J’ai prié pour que notre amour dure à l’éternité,

Mais la mort t’a arraché

Au ciel, désormais, tu es,

Ton corps si loin et ton âme si près.

Chaque soir, je contemple les étoiles et la lune,

Je sais alors que toi aussi, tu penses à moi.

Le froid et le silence,

Dans la maison règnent en maître.

Je ne suis que souffrance,

Je rêve de disparaître.

Mes yeux lourds de pleurs se ferment

Et je vois,

Toi et moi dans un pré d’or,

Toi et moi blottis dans un joli bois.

Le froid et le silence,

Dans mon cœur règnent en maître.

Je ne suis que souffrance,

Je rêve de disparaître.

La mort a gagné,

Mes yeux fermés, je garderai,

Pour chérir à jamais l’image de toi,

Près de moi, dans un pré d’or ou dans un joli bois.

Quelle que soit la façon dont tu l’envisages,

Jeune, vieux, en bas âge,

La mort à chaque instant est dans tes pas,

Dans tes mains,

Dans un recoin.

Pour certains, elle symbolise la fin,

Pour d’autres, le début,

La mort est l’éternel paradoxe,

Le sublime équinoxe,

Voyage à accomplir,

Ou retour sur soi.

La mort garde le titre qu’on lui donne,

Le reflet qu’on lui envoie,

On l’oublie chaque matin,

Mais un soir elle nous étreint,

L’as de pique, elle abat, vénéneuse.

La mort est une mauvaise joueuse.

Sekou Koundouno responsable des stratégies et planification du FNDC.

Membre AFRIKKI/UPEC.

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