La cérémonie d’installation du conseil communal de Matam et l’élection de l’exécutif communal ont été marquées ce jeudi 2 juillet par de vives tensions. Plusieurs conseillers communaux ont quitté la salle en pleine séance, dénonçant un processus entaché d’irrégularités et accusant les autorités d’avoir violé les règles qui leur avaient été présentées lors des sessions préparatoires.
Selon les contestataires, le processus, organisé sous la supervision du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), ne s’est pas déroulé conformément aux dispositions qui leur avaient été expliquées lors de la formation précédant l’installation des conseils communaux.
À sa sortie de la salle, Mamadouba Yansané, conseiller communal élu sous la bannière de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), a exprimé son indignation devant les médias.
« Nous sommes venus ce matin pour participer à l’installation du conseil communal et à l’élection de l’exécutif, conformément à la convocation du MATD. Mais au fur et à mesure que le processus avançait, nous avons constaté plusieurs irrégularités que nous ne pouvions pas cautionner », a-t-il déclaré.
L’élu affirme également que les conseillers ayant souhaité quitter la salle se seraient heurtés au refus du représentant du MATD.
« Nous avons demandé à sortir parce que nous ne voulions plus participer à ce processus. Mais le représentant du MATD a refusé et a demandé aux forces de l’ordre, notamment la police et la gendarmerie, de nous empêcher de quitter la salle. Nous leur avons demandé de ne pas nous séquestrer et de nous laisser partir », a-t-il soutenu.
Mamadouba Yansané reproche également aux organisateurs la présence des forces de sécurité à l’intérieur de la salle, estimant que cette situation est contraire aux consignes qui avaient été données lors de la formation des conseillers.
« Lors de la formation, il nous avait été clairement indiqué que les forces de l’ordre n’auraient pas accès à la salle. Pourtant, elles ont été présentes durant tout le processus. Lorsque nous avons signalé d’autres incohérences, nos préoccupations n’ont pas été prises en compte », a-t-il ajouté.
Face à cette situation, les conseillers de la GMD ainsi que ceux de la liste « Ma commune, ma priorité » ont décidé de boycotter la suite des travaux en quittant collectivement la salle.
Ce retrait intervient alors que le processus d’installation des nouvelles autorités communales se poursuit dans plusieurs collectivités du pays. À Matam, cette contestation soulève des interrogations sur le climat ayant entouré l’élection de l’exécutif communal.
Mansaré Soumah Naby Moussa
