Lutte contre Convid-19 : L’ONG ACMEG formule 5 recommandations stratégiques

La Guinée à l’instar des autres pays, est frappée de plein fouet par la pandémie de covid-19 depuis le 12 mars dernier. Le gouvernement en collaboration avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), a pris un certain nombre de mesures pour vaincre cette pandémie. Pour appuyer ces efforts, l’ONG Action Médicale Guinée (ACMEG), quant à elle, formule cinq recommandations stratégiques pour lutter contre le virus.

Le renforcement du plan de production et d’acquisition de l’arsenal anti-covid19, c’est la première recommandation de l’ONG ACMEG : « La Guinée devrait renforcer dès maintenant le plan de recherche, de production et d’acquisition de cet arsenal à travers un véritable plan. En vue de renforcer le système sanitaire dans la durée et de pratiquer une relance immédiate, ONG ACMEG recommande de maximiser les capacités de production nationale pour chaque composante de l’arsenal dans la mesure du possible. Renforcer la communication pour la mise en œuvre et la réussite de ce plan », suggère-t-elle

Elle trouve aussi nécessaire l’établissement des règles différentes selon l’état immunitaire des personnes. Elle relève trois catégories de personnes : « Groupe A : les personnes probablement immunisées au covid-19 suite à un test sérologique positif. Groupe B : les personnes faisant partie de la population testée positivement au test PCR et devant suivre le traitement dans un site de prise en charge ou être hospitalisées. Groupe C : les personnes non immunisées au Covid-19 suite à un test sérologique négatif ou sans statut connu suite à une absence de dépistage sérologique », poursuit-elle.

L’ONG ACMEG suggère également l’instauration d’un isolement individualisé strict des cas déclarés et un dépistage systématique des cas suspects et contacts : « Toute personne présentant des symptômes du covid-19 doit sous 24h faire le test de dépistage sérologique et PCR. Soit il est positif et la personne devra suivre un traitement pendant 14 jours, sous peine de lourdes sanctions (à définir). La personne rejoint à la fin de son séjour sur le site, le groupe A et se voit délivrer son attestation d’immunité Covid-19. Soit le test est négatif et la personne reste soumise aux règles du groupe C. Toute personne ayant été en contact avec un cas confirmé devra être dépistée au test sérologique et PCR sous 24 heures. Soit le test PCR est positif et la personne sera soumise à l’arbre de décision ci-dessus. Soit le test PCR est négatif et la personne reste soumise aux règles du groupe C », explique-t-elle.

L’autre recommandation formulée par cette organisation non gouvernementale, porte sur le respect des mesures barrières dans les transports et le traitement du personnel soignant entre autres. Pour elle, il faut un plan spécifique pour les activités et les personnes à ‘’haut risque” covid-19 : « Pour les rassemblements sportif, culturel, religieux, professionnel…, une autorisation sanitaire Covid19 (un label sanitaire) sera conditionnée à la capacité de faire respecter les règles de protection des personnes, en particulier la distanciation sociale, de façon stricte. Quant aux transports publics, tous les transports circulant sur le territoire national doivent être capables de faire respecter les règles de distanciation sociale et permettre le respect des gestes barrières sans quoi, ils n’auront pas l’autorisation de circuler. Des personnes du groupe A doivent être privilégiées pour faire respecter les règles de distanciation. Dans les établissements ayant eu au moins un cas de Covid-19, pratiquer des tests sérologiques sur toutes les personnes contacts (personnel et patients). Les personnes immunisées (groupe A) n’ont pas de règles particulières de protection à suivre. Des mesures de protection renforcées sont à définir et à appliquer strictement pour sécuriser la prise en charge de patients du groupe B. En fonction des besoins à estimer et à évaluer régulièrement, des établissements hospitaliers publics et privés doivent dédier des services de médecine, de soins intensifs et de réanimation exclusivement aux patients Covid-19. Les professionnels de santé des établissements publics devant prendre en charge les patients Covid19 doivent être rémunérés avec une prime à définir (ex. 1 000 000 GNF/mois) », estime l’ONG.

La dernière recommandation concerne les frontières. Cette organisation pense qu’elles doivent être soumises à un contrôle strict pour éviter la propagation du virus sur le territoire national : « Toute personne provenant d’un pays étranger présentant des cas d’infection est soumise à un contrôle de température et doit remplir un formulaire contenant ses coordonnées, ses prévisions de déplacement dans le pays afin de pouvoir être facilement identifiable en cas de futurs suspicions de Covid-19 (cas contacts).Toute personne présentant de la température ou d’autres symptômes pouvant être liés au Covid19 doit passer sur le champ un test PCR dans des espaces médicaux aménagés. Si le test est positif, la personne a l’obligation de rester confinée pendant 14 jours sous peine de lourdes sanctions dans un lieu qui doit être connu des autorités. Si elle ne dispose pas de logement de confinement, des lieux dédiés au confinement lui sont proposés par les responsables de l’ANSS. Si le test est négatif, la personne peut entrer sur le territoire. Toute personne entrant sur le territoire, ayant eu le Covid19 dans son pays, doit passer le test sérologique en République de Guinée. Si le test est positif, une attestation d’immunité lui est délivrée et la personne est soumise aux mêmes règles que celles du Groupe A. Si le test est négatif, elle est soumise aux mêmes règles que les personnes du Groupe C. Une information massive à chaque point d’entrée du territoire doit permettre à chaque personne entrant sur le territoire de connaître les règles de protection appliquées en République de Guinée », a-t-elle indiqué.

Mohamed Lamine Souaré

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