« L’immigration, un phénomène en passe de vider le continent Africain» (Iso Abdoul Latif)

Depuis les dernières données, de 2013  à 2019, le flux migratoire de la Guinée est le plus élevé des pays de la sous-région Ouest Africaines. Deuxième pays demandeur d’Asile après le Soudan en Europe, deuxième en France d’après l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. En 2013, plus de 100.000 jeunes ont quitté le sol guinéen en passant par la mer pour l’occident. Et selon Idrissa Somparé, chargé de programme de l’OIM dans une de ses interviews à la Radio France Internationale, en 2015 et 2016, le nombre de guinéens arrivés sur les côtes italiennes a augmenté de 317%. Également selon l’AFP, entre juillet 2017 et février 2018, parmi les 3000 migrants passés par le Refuge solidaire de Briançon, au moins 1185 étaient guinéens.

Ces chiffres permettent de comprendre que ce phénomène est dangereux pour la jeunesse guinéenne.  Il mérite d’être inscrit au nombre de nos  préoccupations les plus urgentes afin qu’on lui trouve des solutions idoines. Mais avant de parler de solutions, interrogeons- nous sur les causes réelles de cette situation.

Le désespoir a déjà pris le dessus

Plusieurs facteurs sont généralement cités comme étant à l’origine de la migration en générale. En milieu urbain, l’accentuation du sous-emploi, l’accroissement de la pauvreté, la généralisation du chômage, la précarité et la faible rémunération du travail sont des éléments qui accentuent l’émigration.

Le nombre de jeunes au chômage en Guinée, est chaque année de plus en plus élevé.  A chaque fin de cycle, de milliers de jeunes diplômés sortent des universités publiques et privées et sont déversés sur le marché de l’Emploi avec  très peu d’opportunités.

L’une des causes du départ des jeunes de la Guinée vers l’extérieur, est le désespoir. Plusieurs sont ces jeunes guinéens qui n’ont aucune certitude, aucun espoir de pouvoir réussir en Guinée. Non seulement ils ne croient pas à un lendemain meilleur pour la Guinée, mais ils n’ont  plus l’énergie pour se battre  afin que les choses changent. Ainsi, la seule solution pour eux est d’immigrer.

Aussi, il ne faut pas oublier qu’ils partent à la recherche du bien-être, d’un cadre de vie plus propice pour leur propre épanouissement qu’ils ne semblent pas trouver en Guinée. Les causes de ce phénomène sont d’ordre répressif et attractif que nous essayerons d’aborder.

 Un préjudice certain pour la Guinée Comme nous le disons le plus souvent, la jeunesse est la clef motrice de tout développement. Une nation sans jeunesse est une nation en perdition, dont la décadence n’est pas loin. Aspirer à un développement sans la contribution de celle-ci est utopique. Avec ce départ massif de jeunes est un préjudice certain  pour le développement de la Guinée.

En plus, plusieurs jeunes perdent  leur vie en Méditerranée. Plusieurs jeunes guinéens ont perdu la vie dans la mer méditerranée. Beaucoup d’autres y ont été traumatisé à vie.  Des familles entières sont là, actuellement dans le désespoir. Imaginez un instant que tous ces bras valides restent pour fièrement la terre de leurs ancêtres. Tout comme la traite négrière avec la fuite des bras valides, l’immigration irrégulière est aussi l’une des causes du retard économique de toute l’Afrique.

Lutter avant tout contre la pauvreté

Trouver des solutions pour freiner le départ massif des jeunes Africains a toujours été au centre des débats. C’est un des problèmes qui assaillent les dirigeants du monde. Le flux migratoire est devenu dense et sa maîtrise devient un problème.

Par ailleurs, pour pouvoir freiner cette sortie massive des jeunes, les États Africains doivent avoir une véritable politique d’insertion socioprofessionnelle. Créer des conditions  nécessaires  et favorables pour pouvoir bien vivre en Afrique,  se garder de provoquer des crises politiques et des guerres. L’emploi pour les jeunes ne doit plus être un creux slogan politique  dans les États de départ. Et quant aux États d’arrivée , ils devront  mettre en place des politiques migratoires efficaces, favoriser le droit d’Asile et donner  la possibilité aux jeunes qui désirent venir chez eux dans la légalité pour étudier ou tout simplement découvrir.

La pauvreté, l’une des causes de l’immigration, devrait être une préoccupation de tous les États du monde entier. La lutte contre cette pauvreté peut considérablement participer à la réduction de l’immigration des jeunes africains. Et ce, en créant de l’emploi pour les jeunes ou des opportunités d’affaires.

Iso Abdoul Latif

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