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La migration: quelles sont les orientations des nouvelles autorités guinéennes ?( Par Mohamed Yarie Touré, auteur)

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À l’heure où le premier gouvernement de la 5ème République s’installe, une hémorragie silencieuse défie la souveraineté et la prospérité de notre Pays: l’exil de sa jeunesse.

À l’image de nombreux États africains, la Guinée se vide de sa sève la plus vive dans un silence assourdissant.
Interpeller aujourd’hui les nouvelles autorités sur ce sujet essentiel malgré sa complexité, ce n’est pas pointer du doigt aux failles du passé. C’est un appel à une prise de conscience patriotique et institutionnelle. Mais aussi, un devoir de mémoire à l’égard de nos milliers de compatriotes ayant perdu la vie au cours de leur périple à travers le Sahara ou la Méditerranée.

Chaque départ vers l’Ailleurs est perçu comme une quête individuelle de dignité ou une conquête d’espoir. C’est un pari risqué où l’on accepte de perdre une part de son identité pour tenter de se reconstruire sur des terres étrangères. Ce effacement de soi est une nouvelle épreuve pour celui qui s’est évadé et une perte de crédibilité et de ressources pour son pays de départ.

La migration est-elle une fatalité ou un chantier de souveraineté ?

La Guinée amorce un tournant décisif de son histoire, sa souveraineté doit se mesurer à sa capacité d’offrir à ses enfants un avenir prometteur sur son propre territoire.
Notre pays dispose d’un potentiel humain et naturel unique. Nous avons les atouts nécessaires, il ne nous manque que des efforts consistants pour retenir nos talents. Il est impératif que les nouvelles autorités fassent en sorte que le jeune Guinéen ne regarde pas l’horizon comme le seul moyen pour vivre dignement, mais qu’il contemple avec fierté les chantiers de son pays avec la ferme conviction qu’il y a sa place.

L’heure n’est plus aux discours de circonstance, mais à une réorientation de notre politique migratoire. En réconciliant l’école avec les mines, l’usine et les champs.

Pour le nouveau gouvernement, l’urgence est d’investir massivement dans les domaines techniques et faciliter l’accès à un accompagnement financier et aux conseils et suivis adaptés pour les jeunes porteurs de projets. De cette façon, l’État peut transformer ce désir de partir en une énergie productrice de ressources sur notre sol. Pour y arriver, il est d’une nécessité absolue d’engager un dialogue national inclusif sur la migration, impliquant les acteurs de la société civile et les représentants de la diaspora.

La transformation des compétences de ceux qui sont déjà partis en un pont de développement.

La relation entre l’État et sa diaspora ne doit pas se résumer à la gestion des transferts de fonds, des drames de rapatriements et l’enrôlement sur les listes électorales.
Les Guinéens de l’étranger ne sont pas des citoyens de second plan, mais des acteurs stratégiques indispensables pour notre développement socio-économique, politique et culturel. L’État doit créer une relation de confiance avec sa diaspora pour transformer cette fuite en une mobilité de compétences. Cela implique une diplomatie plus protectrice, une stabilité politique et des propositions concrètes ( fiscales et administratives) permettant aux Guinéens d’ailleurs de venir investir sans crainte, ni entraves.

La migration n’est pas une fatalité, une nation souveraine se construit avec la participation inclusive de toutes ses filles et de tous ses fils, dans un esprit de cohésion sociale, sous l’égide d’institutions fortes et pérennes.

Mohamed Yarie Touré,
Auteur

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