Kindia: Les femmes brûlent des pneus pour confectionner des fourneaux en manque de site

Réunir des pneus usés, les brûler pour obtenir le fil de fer afin de faire des fourneaux sont des activités génératrices de revenu de plusieurs femmes de Kindia. Mais, ces femmes rencontrent des difficultés  à trouver un endroit idéal où réaliser leurs activités.

C’est le cas de Mariam Doumbouya, une jeune femme qui pratique cette activité depuis quelques années.  « Premièrement là où on brûlait les pneus on nous a chassés et on n’a pas un autre endroit où brûler. Actuellement quand on paie les pneus il faut déplacer un véhicule pour les envoyer jusqu’à Segueya, à un endroit sûr, loin de la forêt, parce qu’on ne peut pas allumer le feu dans la forêt. Pour déplacer un mini bus on paie 300 à 400.000 francs guinéens sans compter le prix des pneus que nous achetons aussi à 25.000 GNF les grands, les moyens à 5000 GNF et le plus petit à 2.500 GNF. Mais ce travail est extrêmement difficile, car travailler avec le feu n’est pas facile » explique-t-elle.

Dans la journée, dame Mariam Doumbouya brûle une centaine de pneus et le prix des fourneaux varie entre 5000 à 350.000 GNF selon sa taille. Cette activité demande beaucoup de force et de courage, indique dame Doumbouya « Mon  mari est décédé. Cela fait longtemps et j’ai 5 enfants. Donc la charge des enfants me revient et je n’ai pas d’autres activités. Je demande à l’autorité de nous aider à avoir un fond de roulement. Si tout cela est difficile, elles peuvent alors nous encadrer et surtout nous montrer un endroit où on va brûler les pneus », lance-t-elle.

Ces fourneaux à base de fil de fer attirent la convoitise des femmes. C’est le cas de Fatoumata Bangoura venue se procurer un fourneau : « Ces fourneaux ont une importance capitale. Ils nous permettent d’économiser les charbons ou le bois, d’être rapide dans la préparation parce que dès que ces fils de fer chauffent ça tient longtemps et là tu mets un peu de charbon et c’est fini » Explique-t-elle.

Cependant, cette activité génératrice de revenu pour certaines femmes ne reste pas sans conséquence sur l’environnement et sur leur santé.

Hassatou Lamarana Bah

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