Kindia/Journée internationale de la femme rurale : Les femmes de Samaya expliquent leur calvaire

L’humanité célèbre ce jeudi 15 octobre 2020, la journée internationale de la femme rurale. À Kindia, cette fête n’est pas célébrée car elle reste méconnue par bon nombre de citoyens de la cité de Manga Kindi Camara. À cette occasion, notre rédaction est allée à la rencontre des femmes vivant en milieu rural plus  précisément à Samaya.

Située à 44 km de la commune urbaine de Kindia, cette sous-préfecture qui a une population de 25.008 habitants dont 13.000 femmes pratique principalement l’agriculture. Malgré les efforts qu’elles fournissent chaque jour, les femmes de cette localité ont du mal à voir le bout du tunnel, nous fait savoir la vice-présidente du groupement Samaya Sobè que nous avons rencontrée à cet effet.

Depuis 2017, 37 femmes se sont réunies pour mettre en place un groupement. Ce groupement souffre d’un manque d’accompagnement.

« Nous ne connaissons pas cette fête, même si on la connaissait on n’allait pas fêter ça dans les conditions que nous vivons là. C’est l’agriculture qu’on connait, nous produisons de la tomate, l’aubergine, le gombo, l’arachide et tant d’autres. Mais les moyens nous manquent, nous avons plus de 10 parcelles mais faute de moyens nous travaillons que sur 5 parcelles. Nous avons aussi des difficultés pour avoir les intrants agricoles», explique M’mah Soumah vice-présidente du groupement Samaya Sobè.

Depuis la création de ce groupement, les difficultés sont énormes. C’est pourquoi certaines ont abandonné. Pour obtenir les fientes, les engrais, les semences, elles ont du mal à en avoir à cause des moyens financiers : « Tout est cher ! Surtout depuis l’apparition de la maladie de coronavirus, tous les prix ont augmenté, l’engrais actuellement le sac varie de 350.000 à 400.000 francs guinéens et quand tu plantes, il faut aussi chercher l’insecticide sinon à un moment vous allez constater que les feuilles commencent à se froisser petit à petit et finalement ça contamine les autres. Je demande aux autorités de nous aider à avoir des fonds, nous permettant d’être autonomes. Actuellement, ce sont nous les femmes qui prenons en charge nos familles », plaide-t-elle.  

Interrogée sur le fonctionnement de son groupement dame M’Mah Soumah donne quelques précisions : « Avant on était très nombreuses mais vu les difficultés qu’on rencontre, certaines ont abandonné. Donc il reste 37 personnes. Pour son fonctionnement, nous faisons des cotisations. C’est cet argent qu’on utilise pour faire nos activités. Si on gagne d’intérêt, on partage un peu et on garde un peu », explique-t-elle.  

N’namari Camara, une autre femme de la localité qui a préféré travailler en solo met l’accent sur l’état de la route qui rend l’accès à la sous-préfecture difficile : « Même si nous produisons comment allons-nous vendre ? On n’a pas de routes, les véhicules peuvent tomber en panne ici durant deux jours ou plus, ils sont sur la route entre Samaya-Kindia. Le gouvernement doit nous aider à trouver la solution », signale-t-elle.

Rencontrée dans son champ d’arachides, Fatoumata Camara, une autre citoyenne de Samaya explique l’impact de la COVID-19 sur ses activités : « Cette année je voulais faire le maraichage en même temps faire les arachides mais finalement c’est l’arachide que j’ai pu faire et ça aussi n’a pas donné comme il faut » déplore-t-elle.

Réagissant à notre micro à l’occasion de la journée internationale de la femme rurale, le maire de Samaya Abdoulaye Camara promet de mener des démarches au niveau des autorités compétentes et des personnes de bonne volonté pour désenclaver sa localité.

Les femmes rurales jouent un rôle dispensable pour le développement Socio-économique de la Guinée. Cependant, elles se sentent oubliées.

Hassatou Lamarana Bah

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