Journée mondiale de la santé : Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

Matshidiso Moeti, newly named as Regional Director for World Health Organization, WHO's Africa Region, speaks to the media, during a press conference, at the European headquarters of the United Nations in Geneva, Switzerland, Tuesday, Jan. 27, 2015. (AP Photo/Keystone,Salvatore Di Nolfi)

Cette année, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé et au moment où les agents de santé de première ligne mènent la charge dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a tenu à apprécier à sa juste valeur le rôle fondamental des sages-femmes et du personnel infirmier. La célébration, qui durera tout au long de l’année en cours, s’inscrit dans le cadre de l’Année internationale et des sages-femmes et du personnel infirmier.

Le personnel infirmier est le pilier de l’approche des soins de santé primaires, qui est elle-même la pierre angulaire de la couverture sanitaire universelle. Ce personnel représente au moins la moitié des effectifs sanitaires à l’échelle mondiale. Les sages-femmes et le personnel infirmier sont des interfaces essentielles entre les individus, les familles, les communautés et le système de santé. Le personnel infirmier et les sages-femmes apportent leur soutien aux patients dans toute la continuité de soins, de la promotion de la santé jusqu’aux soins de fin de vie, en passant par la prévention, le traitement et la réadaptation.

Dans le cadre de la riposte à la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), le personnel infirmier œuvre sans relâche pour prodiguer des soins de qualité, partager les informations sanitaires, mettre en œuvre les mesures de lutte anti-infectieuse, servir dans les unités de soins intensifs et veiller à ce que les services courants continuent d’être fournis. Les sages-femmes continuent d’aider les mères à accoucher en toute sécurité.

Nous devons faire plus pour reconnaître les contributions du personnel infirmier et des sages-femmes à l’autonomisation des patients et des communautés, à la facilitation du travail en équipe multidisciplinaire et à la fourniture de soins intégrés.

Les résultats d’une enquête menée dans 39 pays de la Région africaine font ressortir une légère hausse du nombre de personnels infirmiers et de sages-femmes, dont le ratio est passé de 1,02 personnel infirmier ou obstétrical pour 1000 personnes en 2005 pour s’établir à 1,06 personnel infirmier ou obstétrical pour 1000 personnes en 2018. Ce chiffre reste bien en-deçà du nombre requis pour assurer la couverture sanitaire universelle et atteindre les objectifs de développement durable. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure, l’effectif du personnel infirmier ne suit pas le rythme de la croissance démographique.

Nous pouvons prendre collectivement un certain nombre de mesures clés pour remédier à cette situation.

Pour mieux saisir les enjeux et formuler des politiques reposant sur des bases factuelles, la collecte, l’analyse et l’utilisation des données relatives aux personnels de santé doivent être améliorées.

L’éducation et la formation doivent être de qualité et adaptées à l’évolution de la charge épidémiologique dans les pays. À ce jour, une trentaine de pays de la Région africaine se sont dotés d’un organisme d’accréditation des établissements de formation.

Il faut investir davantage dans la fidélisation et dans le perfectionnement du personnel de santé, ainsi que dans la mise en place de conditions de travail décentes pour les agents de santé.

La mobilité et la migration du personnel infirmier doivent être gérées en toute efficacité et de façon éthique. À l’heure actuelle, plus de 80 % du personnel infirmier du monde entier se retrouvent dans des pays qui représentent la moitié de la population mondiale.

La réglementation doit garantir que le personnel infirmier et les autres agents de santé soient responsables de la santé des populations.

Enfin, il convient de renforcer les moyens d’action du personnel infirmier en le dotant de capacités de direction et de gouvernance, ce qui passe notamment par la collaboration entre les responsables des services de soins infirmiers et les ministères concernés (tels que l’éducation, l’immigration, les finances, le travail), sans oublier le secteur privé, afin de répondre aux besoins du personnel infirmier et des sages-femmes.

Pour faire avancer ces actions, je suis heureuse de me joindre au Directeur général de l’OMS et à mes collègues directeurs régionaux pour lancer le tout premier rapport sur la situation des soins infirmiers dans le monde 2020. Ce rapport détaille le rôle important que le personnel infirmier joue pour promouvoir la santé, préserver la sécurité mondiale et servir les populations vulnérables. Ce rapport est un excellent outil pour élaborer des politiques et des stratégies reposant sur des bases factuelles.

Il est d’autant plus important en ce moment où nous sommes engagés de plain-pied dans la riposte à la pandémie de COVID-19. Chaque jour, je nous invite instamment à apprécier à sa juste valeur le précieux service que le personnel infirmier et les sages-femmes rendent pour améliorer la santé et le bien-être et pour sauver des vies.

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