Interview: « Partant de la charte, il n y a pas de parti politique de l’opposition…»

A l’occasion du nouvel an, notre rédaction Kalenews a entrepris une interview avec l’honorable  Boubacar Siddighy  Diallo, 2ème vice-président de la commission loi et président du parti UMP. Avec lui, nous avons abordé des questions d’actualité et plusieurs autres sujets de la vie de la nation.

Kalenews : Honorable, votre plateforme CARP a fait une déclaration pour désapprouver la désignation de Mamadou Sylla comme chef de file de l’opposition, d’où vient cette réaction ?

L’honorable Boubacar Siddighy Diallo : Partant de la charte, il n y a pas de parti politique de l’opposition où je vous parle, parce que l’article 4 de la charte des partis politiques dispose clairement que pour être constitués des partis politiques de l’opposition, il faudrait faire une déclaration après chaque élection nationale auprès du ministère de l’administration du territoire. Et à date, même l’UFDG n’a pas fait cette déclaration. Donc aujourd’hui, tout le monde est de la mouvance.

C’est ça le problème du choix du chef de file de l’opposition. Tant que Mamadou Sylla pour qui j’ai beaucoup de respect n’a pas fait cette déclaration et les partis qui constituent son cabinet, il n’est ni chef de file de l’opposition, il n’a ni cabinet régulier.

L’honorable, certains opposants qui ont boycotté le double scrutin et l’élection présidentielle du 18 octobre essaient aujourd’hui de se rapprocher à la gouvernance d’Alpha Condé, Est-ce qu’on peut finalement vous donner raison pour avoir participé au double scrutin ?

Lorsque les gens s’agitaient, on a mis une stratégie qui pouvait faire gagner l’opposition.  C’était la création du FNDC, mais dès que le FNDC a été créé, d’autres partis en manque d’idées sont venus accaparer le FNDC. Ils l’ont politisé et ont perverti ses idées. Aujourd’hui ils ont perdu. Alors si des gens qui sont dans ce groupe sont venus rejoindre la normale en participant aux élections et parmi eux certains sont d’accord de venir au nouvel élan de la nouvelle politique, c’est-à-dire avec le slogan gouverner autrement. Ce n’est qu’une intelligence politique.

Parlant d’ailleurs du FNDC, est-ce que vous pensez qu’il a sa raison d’exister aujourd’hui après l’adoption de la nouvelle et l’acquisition du 3ème mandat d’Alpha Condé ?

Le FNDC a toujours sa raison d’exister mais dans sa version de création pas dans sa version pervertie par les politiques. Il faut un contrepouvoir, même le président Alpha Conde aujourd’hui se réjouirait de l’existence d’un contre-pouvoir. Si le FNDC continue sur l’élan qui a prévalu sa création, il peut être un bon contre poids, il a sa raison d’être, mais s’il continue dans ses improvisations et la quête d’image que des acteurs en son sein se livrent, ce n’est pas la peine, ils vont faire du mal au peuple de Guinée, ils vont envoyer des enfants dans la rue pour se faire tuer.

Après son investiture, le président Alpha Condé tend vers la mise en place d’un nouveau gouvernement, l’honorable quel premier ministre faut-il pour la Guinée  ?

Le problème de la Guinée, ce n’est pas les hommes mais le système. Si le président veut un gouvernement d’actions comme il l’a dit, il peut l’avoir en donnant une feuille de route à chaque ministre et lui doter des moyens qu’il faut pour atteindre ses objectifs et évaluer périodiquement. Si les ministres savent que chaque trimestre ou semestre,  il y a un rendez-vous de bilan et qu’on doit décliner ses priorités, il y a des audits qui suivent ça comme le temps de la révolution, je vous assure que le Guinéen étant quelqu’un qui est prêt à mourir pour avoir un poste,  ils vont se battre pour maintenir le poste en donnant des résultats.

Le meilleur premier ministre c’est celui qui doit décider de la mise en place de son gouvernement, qu’on ne lui impose pas, et un premier ministre qui est soumis à un exercice de résultat.

Je pense que l’actuel premier n’est pas mal parce que si c’est une question d’expérience il a, si c’est une question de diplômes il a, si c’est une question de charisme et de carrure il a. Le premier problème du Guinéen c’est de savoir quelle est la couleur ethnique de tel et le premier ministre actuel n’a pas de coloration ethnique. C’est quelqu’un qui a contribué également à créer des hommes d’Etat en Guinée.

Vous savez également beaucoup d’opposants sont en prison, Est-ce qu’il ne faut pas les libérer ?

Vous savez le principe c’est la liberté, la détention l’exception. On ne met quelqu’un en prison que pour des cas de sécurité ou de sureté. Ce que je souhaiterai qu’il y ait une célérité dans l’examen des dossiers. Que ceux qui sont coupables des faits avérés soient jugés et condamnés, que ceux qui sont innocents soient immédiatement libérés.  

Alors, quel sont vos souhaits et votre message à l’endroit du peuple de Guinée pour le nouvel an ?

A l’occasion du nouvel an, je formule mes vœux de bonne et heureuse année à tous les Guinéens. Je demande à ceux qui ont perdu des proches pour quelles que raisons que ce soit, politique, pandémique où naturelle, de faire des prières pour les défunts. Et que nous qui avons survécu à ces gens pussions s’aimer. Qu’il y ait la fraternité, l’entente et l’entraide sociale entre nous.

Interview réalisée par Ibrahima Kalil Camara 628 87 97 66

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