Guinée : Victime de fistules obstétricales, Mariam Camara explique son émouvante histoire

La fistule obstétricale est une maladie qui touche plusieurs femmes en république de Guinée. Souvent issues d’une famille pauvre, ces victimes sont rejetées par leur entourage et sont stigmatisées. Abandonnées à leur sort, certaines perdent la vie et d’autres ayant la chance reçoivent des soins grâce aux ONG qui luttent contre cette maladie qualifiée de la ‘’ maladie de honte’’.

Mariama Camara, une jeune dame qui vivait dans une localité de la préfecture de Télimélé est devenue fistuleuse quand elle est tombée enceinte « la maladie là m’a eue lorsque j’étais enceinte. J’étais couchée la nuit d’un lundi, mon ventre a commencé à me faire mal jusqu’au petit matin, j’ai mis en commission quelqu’un pour aller chercher la petite sœur de ma maman avec laquelle je suis venue ici. Lorsqu’elle est venue, elle est restée auprès de moi durant un à deux jours et je n’arrivais toujours pas à accoucher. Je leur ai dit d’appeler mon grand-père pour que je puisse aller à l’hôpital. Ils m’ont dit qu’ils n’ont pas l’argent pour l’hôpital, que je ne peux pas aller accoucher à l’hôpital, je leur ai dit que je ne pouvais pas accoucher, si je ne pars pas à l’hôpital. C’est ainsi, ils m’ont envoyé dans un village voisin et c’était le troisième jour de mes maux de ventre. Le bébé était décédé dans mon ventre. Ceux-là m’ont dit qu’ils peuvent enlever le bébé dans mon ventre, les gens se sont opposés de nous laisser partir dans un hôpital approprié, ils ont dit non qu’ils peuvent. On nous a fait rentrer dans la salle, ils ont commencé à me dire de pousser pour que je puisse accoucher, mais je ne pouvais pas, ils ont forcé à avoir l’enfant jusqu’à ce que ma vessie s’est déchirée. Et ils ont commencé à couper quelques parties du bébé, le reste étaient dans mon ventre. On s’est retourné au village, mais la nuit je ne dormais pas, mon ventre me faisait très mal. J’ai appelé mon mari, je lui ai dit de m’envoyer à l’hôpital, il m’a dit qu’il n’a rien, je lui ai dit d’aller prendre du crédit ou annoncer le problème à la mosquée pour qu’ils puissent nous aider. C’est ainsi nous avons quitté pour venir à l’hôpital de “Tondon”, là-bas ils m’ont visitée, ils ont vu qu’ils ne peuvent pas régler ma situation qui est grave, ils ont appelé Dubréka pour venir me chercher. Quand nous sommes venus à Dubréka, ceux-ci aussi ont dit que ma situation est grave de m’évacuer à Ignace Deen. À Ignace Deen, on nous a trainés dans plusieurs salles parce qu’on n’avait pas d’argent Ils nous ont dit d’aller pour revenir le lundi, nous sommes allés à Enta. Le matin on m’a envoyée dans trois hôpitaux d’Enta, ceux-là aussi on dit que ce n’est pas leur travail », se souvient-elle.

Après cette souffrance, la bonne dame a eu l’information d’une ONG qui traite les fistules obstétricales dans la commune. C’est ainsi que sa vie a changé « il y a un monsieur qui nous a guidés de descendre à Ignace Deen que c’est là-bas, je peux me faire soigner. Quand nous sommes allés, ils ont montré un produit que je devais acheter 4 bouteilles, une bouteille à 80.000 GNF. Nous sommes restés à Ignace Deen, l’argent que nous avons envoyé, on a tout dépensé. Les médecins ne s’occupaient même plus de moi, dès fois c’est ma mère qui sortait pour quémander ce qu’on mangeait. Un jour il y a un médecin qui m’a dit que si nous connaissons Conakry, qu’il va nous montrer où on pouvait me traiter, que si je reste à Ignace Deen je vais mourir parce qu’on me demande de payer 10 millions pour le traitement. Il nous a montré ici (ONG Espoir DJIGUI). Nous sommes venus et on m’a enregistrée. Avant qu’on se retourne à Ignace Deen, on avait mis une autre personne sur le lit que j’occupais, ils nous ont dit de sortir que nous n’avons rien, qu’on ne peut pas occuper la salle. On a cherché un endroit à l’hôpital, là où on dormait à terre, c’est là-bas on quittait pour venir ici. Dès fois il y a un médecin ici qui nous donnait le transport. Après la fête il nous a dit de venir et il a effectué mon intervention chirurgicale même un franc, il ne m’a pas demandé, il a pris tout en charge », narre-t-elle.

Mariama Camara est mère de famille de 5 enfants dont 4 garçons et une fille.

Hassatou Lamarana Bah

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