Guinée/Tribune : Nous ne sommes pas loin des contestations post-électorales

Notre pays, la République de Guinée, est un pays naturellement doté et matériellement pauvre. C’est le paradoxe guinéen.
Selon la banque mondiale, 55% de nos compatriotes vivent au-dessus du seuil de la pauvreté, c’est à dire, sur chaque 100 guinéens, 55 vivent avec moins de 20.000 GNF (soit 2€) par jour.
Selon l’Indice du Développement Humain (IDH), qui montre l’état de bien-être de la population, notre pays est classé 175ème sur 189 pays.

Ces chiffres qui pointent du doigt l’état d’effondrement de notre pays ne sont encore rien lorsqu’on porte un regard critique sur le contexte sociopolitique actuellement caractérisé par la campagne électorale qui, par ailleurs a été relativement émaillée de violence.

En témoigne les évènements des dernières semaines où nous avons assisté à des discours exacerbant les tensions intercommunautaires et des scènes de violences de nature à ébranler le tissus social et aggraver la situation déjà lamentable de notre pays.

Au cours de cette campagne, nous avons constaté que certains candidats notamment celui du RPG-arc-en-ciel et de l’UFDG se sont heurtés à des hostilités de personnes leurs empêchant de battre campagne dans certaines régions du pays. Ces comportements intimidants influenceront les délégués des partis politiques et auront un impact sur la crédibilité des résultats partiels.

Nous avons également appris des actes de sabotages, de vandalismes et de pillages du siège des partis d’opposition, des maisons et des commerces de personnes perçues comme étant favorables à l’opposition.
A l’instar des compatriotes soucieux du développement harmonieux de notre pays, nous avons condamné ces actes de violences, qui n’ont autres buts que fragiliser le tissu social sans oublier son impact sur le résultat des urnes.

La CENI, l’institution chargée des élections, quant à elle déclare que les partis candidats ne disposeront que d’un seul procès-verbal par bureau de vote et qui sera remis au parti ayant obtenu plus de voix, charge aux autres partis de le photocopier. Mais qu’ils ont interdiction de prendre en photo et ces fiches de résultats n’ont pas de valeurs juridiques.

En effet, cette nouvelle décision de la CENI est conflictuelle, elle fait planer des doutes sur la crédibilité du processus et ouvre la porte aux contestations post-électorales, car elle ne permettrait pas aux partis politiques de disposer d’éléments de preuves s’ils veulent contester juridiquement certains résultats. Et tout cela sans compter les cas de doublons et des cartes d’électeurs qui auraient disparus dans certaines localités du pays.

Par ailleurs l’animosité qui a caractérisé la fin de la campagne n’a pas permis de débattre à fond les problèmes significatifs notamment le chômage des jeunes, le panier de la ménagère, la justice, l’instauration de l’Etat de droit, … qui sont les attentes réelles du guinéen lambda.

C’est pourquoi nous devons prendre nos responsabilités à tous les niveaux pour éviter à notre pays de sombrer dans une crise post – électorale occasionnées par des contestations du résultat des urnes.

Aux agents de sécurité, la neutralité est primordiale, tous les guinéens sont vos frères, nul n’est tenue d’obéir à une loi injuste, encore moins un ordre ou une décision injuste. Soyez professionnels et républicains
Aux leaders politiques et candidats, les institutions chargées du bon déroulement du processus électoral sont la CENI qui est chargée de publier les résultats provisoires issus des bureaux de vote et la Cour Constitutionnelle qui valide les résultats issus des urnes. Alors abstenons nous de toutes proclamations de résultats quel que soit le score que nous obtiendrons dans les bureaux de vote. Il y a des voies de recours qui sont à notre disposition. Privilégions le dialogue.

A la CENI et à la Cour Constitutionnelle, la transparence, le respect des principes républicains, l’honnêteté et la responsabilité dans le traitement des résultats issus des urnes pour l’intérêt supérieur de la nation guinéenne, est une nécessité impérieuse.

Aux hommes de medias, privilégions la préservation de la paix, la sérénité et surtout la tranquillité en usant de vos micros et vos plumes pour ne pas diffuser des fausses informations relatives aux évènements et aux résultats

Au regard de tous les problèmes que connait notre pays j’invite le Peuple de Guinée à faire un vote utile dans la quiétude, la sérénité et la convivialité.
Notre pays a plus que jamais besoin de rompre avec l’ancien système, l’ancienne classe politique qui nous a tant déçues.
Alors, dans l’intimité de l’isoloir allez y exprimer cette volonté dynamique de rupture vers une démocratie réelle qui tiendra compte de vos aspirations fondamentales. Et surtout de ne jamais laisser place à des provocations. De faire barrage à la prise en otage de la démocratie, de refuser le basculement vers la haine et la violence.

Que Dieu bénisse la Guinée
Que Dieu bénisse les Guinéens
Courage et confiance en notre avenir politique pour le retour de la Guinée aux Guinéens

Cheick Oumar TRAORE
S.G du Parti du Peuple pour la Libération
reotracheick@gmail.com

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