Guinée/Situation politique : Le collectif Agissons Autrement de Guinée hausse le ton 

Face à la situation socio-politique du pays, le Collectif Agissons Autrement de Guinée (CAAG) ne reste pas silencieux. Dans un entretien accordé à notre rédaction Kalenews.org,  Ibrahima Sory Telico Barry, président de ladite structure a déploré les circonstances dans lesquelles s’est tenu le double scrutin du 22 mars. 

Kalenews : barry quel est votre regard face au double scrutin du 22 mars, des élections sous tension et sans les partis ténors de l’opposition guinéenne ?

I. S. T. Barry : Ce double scrutin du 22 Mars 2020 sera inscrit en lettre capitale dans les annales de l’histoire sociopolitique et institutionnelle de notre pays. Ce fut un joli tableau digne de Picasso peint sur une toile de défis à fond de tension, parsemé de violences et de répressions avec des couleurs plus ou moins ethnocentristes  ou régionalistes et surtout une lumière teintée qui vire vers un pouvoir qui semble tirer profit de la situation au détriment d’une couleur vive de l’opposition qui a brillé par son absence. Il semblerait éventuellement que ce très joli tableau d’art est mis aux enchères au salon de la communauté internationale. Faudrait il rappeler qu’il ya eu des premières offres… Laissez-moi vous dire que ce double scrutin est l’aboutissement des errances, des défaillances et des manigances politiques depuis 2007. Il a montré en réalité les limites du débat sociopolitique en Guinée. J’ose croire que les différents acteurs en tireront les leçons en toute objectivité car il a montré à suffisance que l’engrenage de violences et de répressions n’est point à l’avantage d’un Etat qui se construit ou d’un peuple qui se fortifie.

Pendant ces élections, il y a eu assez de morts, de blessés et de dégâts matériels, selon vous est-ce qu’on aurait dû éviter toute cela ?

Dommage, ces guinéens qui nous ont quitté à la fleur de l’âge sont partis avec des rêves et ont laissé des âmes meurtries par leur disparition subite. Que le paradis soit leur jardin éternel.En plus des morts, il y a eut des écoles brulées, des édifices privés et publics détruits, des atteintes à l’intégrité physique, des symboles de la République ébranlés…Lorsque le dialogue objectif et fraternel ne fait pas l’économie de la guerre mais il faudrait un jour qu’on mette un terme à cette guerre et pour cela, on fera toujours recours au dialogue surtout lorsqu’on  veut sauver son honneur ou des innocents. Certes, notre démocratie est jeune mais nos acteurs sociopolitiques nous auraient épargnés d’une telle situation.

Les résultats ont été proclamés, la cour constitutionnelle a également validé ce double scrutin, est ce qu’on peut se dire que c’est terminé ou doit-on craindre des conséquences ?

Ce bras de fer, qui a caractérisé ce double scrutin sous fond de défis entre d’une part le FNDC dont certains leaders de l’opposition ont refusé de prendre part aux élections du 22 Mars et d’autre part la mouvance et certains partis politiques engagés dans le processus, n’allait pas faire que des heureux. Donc il y aura forcement une divergence dans la lecture du scrutin et cela dépendra de la chapelle à laquelle nous prêchons.A partir du moment que la cours constitutionnelle valide les résultats de ce double scrutin, les carottes sont déjà cuitent. Quant à la crainte des conséquences cela dépendra de la nature de celles-ci.

Selon le FNDC ,le président Alpha Condé veut briguer un mandat de plus, est ce que vous y croyez ?

Je reste perplexe et attendons que le principal concerné se prononce la dessus. Cela fera sans aucun doute l’objet d’un autre débat et le peuple de Guinée se prononcera aussi.

Si ces résultats sont validés, le RPG détiendra désormais la majorité absolue à l’assemblé nationale, quelles conséquences ou quel avantage d’après votre analyse ?

C’est vrai que le RPG Arc-en-ciel vient d’enregistrer le meilleur score de son histoire à une élection législative, une majorité absolue qui va lui permettre d’adopter des lois organiques à l’Assemblée Nationale. Quant aux conséquences, elles peuvent avoir des impacts positifs ou négatifs et cela dépendra du rapport entre la Guinée et ses partenaires financiers. Ce rapport aura éventuellement un impact sur le panier de la ménagère et sur l’élan ou le plan d’orientation de développement de notre pays. 

Quelle solution pour la la sortie de crise et quelles perspectives pour les partis politiques qui n’ont pas pris part aux élections?

On est arrivé à un stade où seul le dialogue objectif et fraternel semble être la meilleure solution de sortie de crises. J’espère que le Front contre le virus Covid19 permettra aussi de rapprocher les différents acteurs sociopolitiques.

Merci monsieur Barry

Merci à vous aussi.

Entretien réalisé par Mouctar Kalil Camara 628 87 97 66

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