Guinée : Quel est l’avenir du débat politique?

Dès l’aube de l’indépendance de la de Guinée, la situation sociopolitique est crispée de violences ethniques et régionalistes. Les partis politiques utilisent l’ethno stratégie pour mobiliser et faire passer leurs idéaux. Ainsi la fibre ethnique et communautaire reste le seul leitmotiv du choix politique des populations. A l’arène de la troisième république dirigée par Pr Alpha Condé, les violences se multiplient de part et d’autres, les militants et sympathisants de tous bords politiques sont instrumentalisés. Pendant ce temps la politique domine tous les débats et les questions de développement intéressent peu les citoyens depuis 2010.  

L’heure est grave ! Le débat politique se transforme en sujet de haine viscérale entre les guinéens. Les adversaires deviennent des ennemis. Même si l’on se bat pour une conviction en politique, elle est pourtant différente d’une religion. Depuis la libéralisation des ondes et l’avancée de la technologie notamment les réseaux sociaux, les acteurs politiques et leurs partisans utilisent tous les canaux pour titiller leurs adversaires. Les formations politiques oublient l’éducation civique de leurs militants et sympathisants. Elles manipulent les jeunes au chômage dont les seules sources de revenu sont les mobilisations politiques et les jeux de hasard. Certains parmi eux se considèrent ‘’communicants’’ des partis politiques. Ils utilisent en permanence des propos violents et haineux à l’encontre de leur opposant. +La Constitution oblige les citoyens à promouvoir la tolérance et les valeurs démocratiques ainsi qu’au respect des opinions d’autrui, (art.22 de la loi fondamentale). Ces obligations semblent être méconnues par les citoyens et les partis puisque les violences caractérisent également les multiples manifestations de rues qui causent parfois des cas de mort.

Que faire pour l’avenir du débat politique avant la présidentielle ?

La commission électorale Nationale indépendante (CENI), propose le 18 octobre prochain pour la tenue du premier tour de la présidentielle. Au regard du contexte actuel tendu entre les acteurs politiques, le dialogue est indispensable pour décrisper la situation. Pour l’heure, l’opposition exige l’annulation des élections controversées du 22 mars avant la tenue d’un quelconque dialogue. En attendant ce dialogue et l’élection présidentielle, la prise de conscience des jeunes et le respect des lois du pays sont les facteurs essentiels d’un débat politique apaisé orienté vers le développement de la Guinée.

Cet article est une initiative de Search For Common Ground en collaboration avec le NDI ((National Democratic Institute) sur financement de l’USAID

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