Guinée: Pourquoi l’UGDD n’a pas pris part aux élections du 22 mars?

Invité ce mardi 30 juin, Pépé Francis Haba, président par intérim de l’Union Guinéen pour la Démocratie et le Développement (UGDD) est revenu sur le déroulement et les causes qui ont poussé des partis issus du FNDC et particulièrement son parti à ne pas participer aux élections du 22 mars,

« Je pense que la question fondamentale qui s’est posée c’était comment on devait organiser des élections inclusives et transparentes. Malheureusement, le pilier de l’organisation de celle-ci est le fichier électoral. Donc il y’a eu beaucoup de problèmes par rapport à celui-ci. Je pense que c’est l’élément fondamental pour lequel notre état-major nous a dit écoutez je pense que nous ne pouvons pas participer à de telles élections. Je me souviens qu’on était à 8.300.000 d’électeurs. On a obtenu une réunion à l’opposition républicaine. Nous avons dit écoutez pour nous, nous devons participer à ces élections. Mais il faut quand- même insister que le fichier soit complètement mis à jour. Et d’ailleurs, c’est la bonne pratique dans la sous-région. C’est quand le fichier est prêt que les gens appellent pour le dépôt des candidatures. Malheureusement les choses ont été tout p’tit peu précipitées. Et donc le pouvoir est allé au forcing. Et notre parti, tout comme une bonne partie d’ailleurs de l’opposition, n’avait pas pu prendre aux élections. Nous jouons un rôle non négligeable au sein du FNDC. Nous avons dit que nous allions demander à la population d’user de l’article 21 de la constitution pour résister. Étant donné que le pouvoir avait catégoriquement refusé que les délais raisonnables soient mis pour que toute l’opposition de façon inclusive, d’ailleurs ce qui a été demandé par la communauté internationale que tout le monde dépose les dossiers et que le jeu électoral soit plus ou moins transparent. Même eux qui sont allés sans nous, vous avez vu à la dernière minute qu’ils ont coupé environ 2.400.000 électeurs. Malheureusement les bulletins de votes étaient déjà avec les militants. Les élections ont été empêchées par endroit, bâclées et arrêtées par la CENI elle-même par endroit à 16h. Les conditions ont été tel que dans un pays normal, on aurait tout simplement dit écoutez, reprenons ces élections parce qu’elles n’ont pas été libres, et elles se sont déroulées dans une cacophonie, dans un chaos total. Nous avons demandé à nos militants de ne pas voter. Nous avons demandé à nos militants d’ailleurs qu’ils n’ont rien à avoir avec les cartes d’électeurs. Nous leur avons demandé d’user de l’article 21 de la constitution qui leur donne le droit de résister quand ils sont opprimés. Le professeur Alpha Condé je me souviens bien avant ces élections, il a appelé ses militants à l’affrontement vis à vis des militants de l’opposition. Je pense que c’est un langage belliqueux. Et puis on a vu au siège du RPG, Malick Sankhon qui avait déclaré qu’il avait officiellement 2.500 à 3.000 milices appelés les chevaliers de la république. Et qu’il allait porter le nombre à 10.000. Vous avez vu pendant les élections en Guinée forestière des donzos se promener avec des armes dans les rues de N’zérékoré. Vous avez vu le patron de la chambre du commerce qui a dit au cours d’une de son allocution qu’il se pourrait que les donzos soient importés. À qui il avait donné des contrats, parce que pour lui, eux ne pouvaient pas se permettre d’une certaine atrocité », a laissé entendre le président par intérim du parti l’UGDD.

Ahmed Tidiane Bangoura

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