Guinée/MGF : « Je ne suis pas comme les autres femmes ou filles » dixit cette jeune femme victime d’infibulation

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L’infibulation est une mutilation génitale féminine consistant à la suture de la majeure partie des grandes ou des petites lèvres de la vulve, ne laissant qu’une petite ouverture pour que l’urine et les menstruations puissent s’écouler. Cette autre forme d’excision est le plus souvent pratiquée par certaines communautés pour disent-elles garder la fille vierge et pure. Cependant, l’infibulation comme toute autre MGF a des conséquences sur la santé de la jeune fille.

Diplômée en licence 3 biomédical à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, N’Nah Koné est une victime d’infibulation. Dès sa tendre enfance, elle a subi cette pratique d’où son combat contre l’excision.

« Je suis victime de cette injustice à l’âge de deux (02) ans et il y a un choc moral qui est là au moment de l’excision parce que ça se fait à l’absence de l’anesthésie, des produits médicaux. Ma mère ne savait pas parce qu’on m’a pris ici en Guinée pour le Mali, donc qu’elle ne connait pas ce qui veut dire l’infibulation c’est lorsque je faisais mon stage que j’ai su c’est quoi cette pratique. Il y a le choc qui est là, des douleurs qui reviennent à tout moment. Il y a aussi des maladies par exemple les règles ne coulent pas normalement à chaque mois» dénonce-t-elle.

N’Nah Koné a compris la gravité de cette pratique quand elle faisait la 1ère année à l’université « avant je me disais que toutes les femmes ont les mêmes appareils génitaux que moi parce que je n’avais jamais eu l’opportunité de voir pour les autres. Un jour j’étais en stage et je devais faire un contrôle vaginal et j’ai constaté que la patiente et moi ce n’était pas la même chose. J’ai demandé à mes supérieures pourquoi les autres en ont et moi non ? C’est ainsi qu’elles m’ont dit alors j’ai été infibulée et j’ai posé la question, elles m’ont répondu que j’ai été fermée mais je peux ouvrir quand je serai prête pour faire le rapport sexuel et il y a eu ce traumatisme. Je ne suis pas comme les autres femmes ou filles, je n’ai pas les mêmes organes génitaux que les autres » larmoie-t-elle.

La victime de cette pratique invite les parents de stopper les MGF notamment l’infibulation. Elle propose plutôt à l’éducation sexuelle des jeunes filles pour protéger leurs filles.

Hassatou Lamarana Bah

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