Guinée: Les musulmans préparent la fête de Ramadan dans une morosité sans précédent

Contrairement aux années précédentes, les préparatifs de la fête de Ramadan ou l’Aïd el Fitr manquent d’engouement. Il suffit de visiter les marchés, ateliers de couture et salons de coiffure, ainsi que des boutiques d’habits de la capitale Conakry pour s’en rendre compte.

Selon bon nombre d’observateurs, la rareté des clients est liée à la crise sanitaire qui secoue actuellement la Guinée.

« Avec cette situation de pandémie, nous n’avons pas de clients cette année. Actuellement ce sont des habits pour enfant que nous parvenons à écouler et même ça aussi ça n’est pas comme avant. Quant aux adultes, ils estiment que ce n’est pas la peine pour eux car il n’y a pas de fête vu qu’on ne va pas à la prière cette année », nous confie Mariama Sylla, commerçante au grand marché de Madina.

Avec la crise sanitaire, le caractère festif de la fin du ramadan sera fortement amoindri. La plupart des citoyens rencontrés sont plutôt préoccupés par la crise sanitaire et ses effets économique.

« Compte tenu de la crise sanitaire en Guinée, il n’y pas de marcher et nous sommes contraints de diminuer les prix et même avec ça, il n’y pas de clients parce qu’il n’ya pas d’argent. Mais les enfants eux ils ne connaissent pas cette situation On préfère chercher les habits pour eux. Mais en ce qui nous concerne nous les parents si nous avons la chance d’avoir à manger le jour de la fête ont se contente de ça… », témoigne ce commerçant et père de famille, partagé entre la contrainte familiale et la crise économique.

Dans des ateliers de couture, le constat est le même.

« Nous n’avons pas de clients et la fréquentation cette année est entre 10 à 20%. Parce que les gens se posent la question s’il y aura la fête. Le peu que nous avons ce sont des commandes pour les enfants parce qu’avec eux les parents sont obligés à trouver quelque chose. Mais à part ça rien ne marche. En plus les gens n’ont pas d’argent même ceux qui viennent, ils trouvent que le prix est exorbitant étant donné que le matériel coûte cher sur le marché. Avec le Coronavirus, les gens cherchent plutôt à manger que de s’habiller », explique Abdoulaye Diallo, maitre tailleur.

Mohamed Barry    

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