Le processus de recrutement des futurs préfets et gouverneurs de région franchit une nouvelle étape en Guinée. Ce jeudi 5 novembre 2026, les candidats présélectionnés ont pris part aux épreuves écrites organisées au siège du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), à l’issue de l’appel à candidatures internes lancé du 16 au 27 septembre dernier.
Venus des différentes préfectures et régions administratives du pays, ces cadres sont en compétition pour accéder aux fonctions d’administrateurs territoriaux, chargés notamment de représenter l’État, de coordonner l’action gouvernementale et de veiller à la mise en œuvre des politiques publiques dans les territoires.
Présente à cette occasion, la ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, a expliqué que cette initiative s’inscrit dans les priorités définies par sa lettre de mission, notamment le développement local et la gouvernance participative. Selon elle, ces ambitions ne peuvent être concrétisées sans des ressources humaines qualifiées. La ministre estime ainsi que les préfets et les gouverneurs, en leur qualité de représentants du chef de l’État et des différents départements ministériels dans leurs juridictions, doivent disposer de compétences solides et d’une véritable expérience professionnelle.
La ministre a également insisté sur l’étendue des responsabilités liées à ces fonctions. Avec une trentaine de départements ministériels et autant de politiques sectorielles à coordonner, les futurs administrateurs devront maîtriser les grandes orientations nationales et accompagner efficacement les directeurs préfectoraux et régionaux.
Plus de 700 candidatures déposées
Concernant les chiffres de cette sélection, Djenabou Touré a révélé que plus de 700 fonctionnaires avaient postulé pour les postes de préfet. Après examen des dossiers, seuls 92 candidats ont été présélectionnés pour poursuivre le processus.
La compétition est moins importante pour les postes de gouverneur. Sur les 28 dossiers enregistrés, seulement deux candidatures ont été retenues pour cette étape.
La ministre a précisé que les épreuves portent notamment sur des thématiques liées aux réalités nationales, à la coordination de l’action gouvernementale et à la gestion des problématiques propres aux territoires.
Les candidats disposent de trois heures pour traiter les sujets proposés. À l’issue de cette évaluation, les candidats jugés les plus méritants seront convoqués à un entretien. La liste des personnes retenues sera ensuite transmise au président de la République.
Djenabou Touré a toutefois tenu à clarifier les responsabilités dans le processus de nomination. Elle a rappelé que le choix définitif des préfets et des gouverneurs relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’État, sur proposition de la ministre en charge de l’Administration du Territoire.
À travers ce recrutement, le département entend privilégier la compétence et le professionnalisme, tout en donnant aux cadres de l’administration centrale et de l’intérieur du pays les mêmes possibilités d’accéder aux postes de responsabilité.
La ministre a également fait le lien entre cette initiative et la mise en œuvre du programme Simandou 2040, estimant que sa réussite nécessite des ressources humaines qualifiées et capables de porter les ambitions gouvernementales jusque dans les collectivités territoriales.
Le calendrier établi par le MATD prévoit la correction des copies dès ce jeudi soir. Les premiers résultats sont attendus dans la soirée du vendredi 6 novembre 2026. Les candidats retenus à l’issue de cette première étape devraient également passer leurs entretiens le même jour.
Mansaré Soumah Naby Moussa
