Guinée/Législatives : Le vice-président de la CENI brise le silence et ‘’charge’’ Me Salif Kébé

Le torchon continue à brûler à l’institution électorale  entre le président  et certains commissaires  suite à l’annonce de la date du 28 décembre pour la tenue des élections législatives. Selon Dr Bano Sow, vice-président de la CENI,  cette date est choisie unilatéralement par Me Salif Kébé après sa rencontre avec le premier ministre.

« Nous avons, bien entendu,  critiqué le chronogramme. Nous avons émis des réserves, nous avons fait remarquer qu’il y a des délais légaux  fixés par la loi qui ont été coupés.   On a dit que ce n’est pas possible. On ne peut pas violer la loi nous la Ceni.  Le président Me Salif Kébé  nous a répondu mot pour mot : J’assume lorsque les acteurs politiques vont porter plainte devant les juridictions. J’assumerai.

Quand un juriste nous dit que je suis prêt à violer la loi et que j’assume, vous ne pouvez pas me dire que l’homme normal que je suis ne peut pas être étonné et ne pas en avoir peur. Si tout ça l’objectif c’est vraiment avoir sa date le 28 décembre. Mieux que cela,  nous avons dit qu’il y a des délais opérationnels qui sont également incompressibles. La loi permet une révision normale du fichier du premier octobre au 31 décembre, plus huit jours pour les contestations, plus quinze jours à l’avance pour annoncer la révision.  ça c’est la période normale de révision.  Il y a une période exceptionnelle de révision que la loi autorise. Donc quand c’est exceptionnel, c’est la CENI qui détermine en fonction des nécessités. Et raisonnablement,  le délai qu’il faut, à Kindia nous nous sommes dit  45  jours. Dans le chronogramme qu’il nous a présenté ce jour-là, il avait mis 25 jours.  Donc il avait coupé 20  jours.   On lui a dit là également que ce n’est pas possible. Quand nous avons fini, nous lui avons dit monsieur le président nous ne nous reconnaissons pas dans votre chronogramme.  Il a répondu là aussi mot pour mot, je m’engage à relever le défi », a rapporté Elhadj Bano Sow dans l’émission Africa 2015.

Pour Elhadj  Bano Sow, si le président de la CENI, Salif Kébé a accepté l’injonction du pouvoir à imposer une date qui n’est pas la volonté de la plénière, il sera capable d’en faire autant pour les résultats : « L’autorité lui a donné une injonction, organiser les élections avant fin 2019 en faisant fi de tout ce qui est aspect légal et aspect opérationnel. Il est arrivé à cela.   Nous (commissaires) avons été très inquiétés et jusqu’à présent nous en sommes très inquiétés.  Ce qui nous a poussés d’ailleurs à tirer la sonnette d’alarme parce que si il réagit à une telle injonction, qu’est ce qui prouve qu’en décembre 2019, lorsqu’on va organiser les élections, s’il reçoit une injonction qui lui dit voici les résultats que tu vas diffuser,  qui peut me donner la garantie qu’il ne diffusera pas ces mêmes résultats puisque si nous avions travaillé ensemble pour arriver à quelque chose de raisonnable, nous aurions pu assumer. Mais si ce n’est pas le cas, nous avons estimé qu’il faut tirer la sonnette d’alarme. Que l’opinion nationale, les acteurs du processus,  les compétiteurs politiques sachent ce qui se passe ».   

LINCOLN, 624901737 

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