Guinée/Journée du 04 juin : comment protéger les enfants de la COVID-19 ?

Le 04 juin de chaque année, C’est la “Journée internationale des enfants victimes innocents de l’agression’’. En république de Guinée avec cette crise sanitaire, l’Etat a exigé le respect de certains gestes barrières notamment la distanciation, le port des masques. Toutefois, des enfants qui sortent très tôt le matin pour vendre des articles afin d’aider la famille sont exposés à la COVID-19.

Cette couche sociale est oubliée dans la sensibilisation et la protection contre cette pandémie. A l’occasion de cette journée internationale des enfants victimes innocents de l’agression, notre rédaction a rencontré certains enfants qui revendent dans les artères de Conakry.

Ne se souciant guère des conséquences qu’elle encourt à cause du Coronavirus mais aussi à d’autres violences physiques, Bintou Savané élève de la 5ème année revend sur la route COSA-Nongo dans la commune de Ratoma. La petite fille a divers articles qu’elle écoule pour aider sa maman « dès fois des jeunes retirent mon argent c’est pourquoi je me cache derrière la voiture pour compter mon gain et revoir ma marchandise. Je revends beaucoup de choses pour aider mes parents, je demande aux chauffeurs de nous faciliter le commerce car beaucoup de mes amis ont été victimes d’accident » explique-t-elle.

Non loin de la petite Bintou Savané, Diallo Mariama une autre fille préfère revendre sa marchandise en solo afin d’éviter tout frottement avec les inconnus à cause de la pandémie « moi je revends seule puisque ma mère me l’a imposé à cause du Coronavirus. Pour le port du masque avant je portais maintenant je le fais rarement car certaines personnes ne le portent pas, je suis là pour aider ma famille à avoir le quotidien » indique-t-elle.

Les parents sont conscients du tort qu’ils font à leur progéniture, mais n’ayant pas d’autres alternatives, ils sont contraints d’envoyer leurs enfants dans les rues de Conakry « si tu vois des parents laisser leurs enfants dans les rues à des heures tardives pour revendre, c’est à cause de la pauvreté. Ils sont exposés à tout surtout les petites filles à travers le viol, et parlant des gestes barrières ces enfants sont exposés mais qu’est-ce qu’on y peut ? Il faudrait que l’Etat cherche des mesures d’accompagnement pour ces braves femmes qui sortent le matin pour rentrer le soir » lance  Madame Traoré Aïcha une mère de famille rencontrée au rond-point de Cosa dans la commune de Ratoma.

Il faut tout de même préciser que tout ceci se passe au vu et au su de l’autorité en place. Pour rappel, le gouverneur de la ville de Conakry Général Mathurin Bangoura avait pris une décision à sa prise de fonction d’interdire ce fléau qui porte atteinte à la liberté et à la protection des enfants en Guinée. A quand l’applicabilité de cette décision ?

Hassatou Lamarana Bah

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