Conakry, 22 janvier 2026 Un tournant politique majeur vient d’être officialisé en Guinée. À travers un décret présidentiel lu sur les antennes de la RTG, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, a mis fin aux fonctions du Premier ministre Amadou Oury Bah ainsi qu’à l’ensemble des membres du gouvernement.
Le décret, référencé D.2026-00-02-PRGS-GG, s’appuie sur les articles 80 et 85 de la Constitution guinéenne. Il fait suite à la lettre officielle de démission du Premier ministre et des autres membres du gouvernement, en date du 22 janvier 2026.
Article 1er : « Il est mis fin aux fonctions de M. Amadou Oury Bah, Premier ministre, chef du gouvernement, et des autres membres du gouvernement. »
Article 2 : « Le présent décret, qui abroge toute disposition antérieure contraire, prend effet à compter de la date de sa signature et sera enregistré et publié au Journal officiel de la République. »
Dans la continuité de cette décision, plusieurs décrets antérieurs relatifs à l’expédition des affaires courantes ont été rappelés, notamment les textes D.2024-044, D.2024-051 et D.2025-101-PRGS-GG, encadrant juridiquement la gestion transitoire de l’administration publique après la fin des fonctions d’un chef de gouvernement.
Une transition administrative encadrée
Conformément à la Constitution et à la loi L/2018/025/AN du 3 juillet 2018, portant organisation générale de l’administration publique, l’État guinéen entre désormais dans une phase de gestion des affaires courantes. Cette période vise à garantir la continuité de l’action publique en attendant la formation d’un nouveau gouvernement.
Sur le plan politique, cette décision marque une nouvelle étape dans la réorganisation institutionnelle en cours, dans un contexte de transition toujours sensible. Si aucun calendrier officiel n’a encore été communiqué concernant la nomination d’une nouvelle équipe gouvernementale, cette situation ouvre une phase d’attente stratégique, aussi bien pour les acteurs politiques que pour l’opinion publique.
Un climat d’incertitude, mais une continuité de l’État
Pour de nombreux observateurs, cette dissolution formelle du gouvernement traduit une volonté de reprise en main du pilotage institutionnel par l’exécutif, dans un cadre juridique clairement défini. En attendant la mise en place d’un nouveau gouvernement, l’administration est appelée à fonctionner sous le régime strict des affaires courantes, limitant toute initiative politique majeure.
La Guinée entre ainsi dans une nouvelle séquence politique, où la stabilité institutionnelle et la clarté des prochaines décisions présidentielles seront déterminantes pour l’orientation de la transition.
Olladi Ibrahima
