Guinée/Etat d’urgence sanitaire : des filles de joie mécontentes de cette décision du gouvernement

Depuis l’apparition du COVID-19 en République de Guinée, tous les secteurs sont économiquement affectés à cause de l’état d’urgence sanitaire décrété par le gouvernement. Le plus vieux métier du monde est également touché par les mesures prises pour limiter la propagation de la maladie, notamment le couvre-feu. Plusieurs filles de joie sont énervées car leur business est au ralenti, si certaines gagnaient assez de clients la nuit, tel n’est plus le cas et sont obligées de mener leur activité la journée avant le couvre-feu.

A Sangoyah dans la commune de Matoto, Mlle SB est une vendeuse de sexe dans un bar, elle est très énervée de cette annonce quand elle sait que certains agents du maintien de l’ordre public ont besoin de leur service « je suis énervée contre cette décision de couvre-feu décrétée par le gouvernement guinéen, alors que même des agents de la sécurité ne peuvent pas rester sans nous. Avant ils venaient la nuit et maintenant ils viennent la journée aux environs de 15h ou 16h GMT. Bien sûr nous sommes au courant de cette maladie de coronavirus mais comme il avait limité le nombre de personnes c’était bon de rester à ce point, mais depuis qu’il a décrété l’affaire du couvre-feu nos activités sont au ralenti. Moi par exemple je ne travaille que la nuit parce que c’est à ce moment que des clients viennent et paient sans discuter le prix qui est à 30.000 GNF et maintenant même cinq clients nous ne gagnons pas de 9h à 20h GMT » se confie-t-elle.

Quant à MS rencontrée dans ce même bar, si les prostituées avaient la possibilité d’aller en grève, elles le feront mais hélas ! « Nous souffrons actuellement et nous ne pouvons pas aller en grève car nous sommes mises à l’écart. Pourtant il y a des filles diplômées parmi nous qui sont d’ailleurs nos syndicats. Actuellement le propriétaire du bar ferme à 20h dès fois à 19h pour ne pas que les forces de l’ordre fassent une descente musclée, et bientôt le ramadan et nous allons faire un mois à la maison, ce couvre-feu ne nous aide pas » signale-t-elle.

A Cosa dans la commune de Ratoma une autre fille de Joie Mlle FD qui a son programme de travail la journée, notifie qu’elle est obligée de coopérer avec celles qui viennent la nuit « je ne suis pas ravie de ce couvre-feu, nous qui travaillons la journée, sommes obligées de coopérer avec nos copines qui travaillent la nuit pourvue que nous toutes gagnions de quoi manger. Certaines risquent même d’aller dans différents foyers pour être des blanchisseuses ou femmes de ménage » alerte-t-elle.

Toutes ces jeunes femmes ont demandé à la fin de l’entretien, que le gouvernement cherche des mesures d’accompagnement pour les filles de joie, afin qu’elles ne meurent pas de faim.

Hassatou Lamarana Bah

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