Guinée : Des femmes voilées expliquent leur clavaire dans la société

La République de Guinée est un pays laïc. Cependant, des femmes voilées sont souvent victimes de discrimination à l’égard de certains citoyens.  Traitées de Kamikazes, de talibans par leur entourage, elles rencontrent une panoplie de difficultés tant au niveau social que professionnel. Pourtant le port du voile est leur choix.

Le monde des médias n’échappe pas à cette réalité. De nombreuses femmes ou jeunes filles sont privées de leur rêve de devenir journalistes.

Mariame Diallo en est une. Depuis la fin de son cycle universitaire en 2016, elle  se bat pour décrocher son premier emploi dans certains organes de presse. La jeune journaliste indique qu’elle subit toute sorte de discrimination. « Après la fin de mon cursus universitaire, je suis allée dans un premier organe et là j’étais la seule dans cet état et on me demandait toujours si je pouvais exercer avec ce mode vestimentaire, quand je serais appelée à être avec des personnalités, des stars et autres. Et là aussi ça n’a pas été facile. J’ai servi là-bas durant six mois mais je ne trouvais pas ma place. Finalement j’ai cédé. Je suis allée ailleurs et là aussi le premier entretien était pareil que le premier. Actuellement, j’ai atterri dans un autre organe, le cinquième et là aussi le patron m’a posé la même question, parce qu’il me disait que c’était une télé dont la ligne éditoriale était dans l’événementiel. Je lui ai fait comprendre que le mode vestimentaire n’est pas un problème à partir du moment où j’arrive à accomplir les taches que  l’organe me confie. Ils m’ont dit d’essayer et que si les téléspectateurs apprécient, on signe le contrat. Dans le cas contraire, il sera obligé de me remercier et c’est dans cette situation je me trouve », explique-t-elle.

Mariam Diallo n’est pas la seule à vivre ce calvaire, La fondatrice du site Ryamaentrepreneur.com n’a pas été également  épargnée de cette situation. Pour Mariama Djouldé Barry, elle couvre la tête et non le cerveau : « J’ai été victime une fois.  Je suis allée voir un directeur d’un hôpital, il m’a dit qu’on n’accepte pas le foulard dans ce bureau, et m’a dit d’enlever pour échanger avec lui. Cela m’a fait rire. Au niveau de la presse, il y’a des gens qui te regardent bizarrement surtout quand tu leur refuse de tendre la main. On doit faire valoir les compétences au lieu de regarder le physique d’une personne. Pourtant il y’a des filles voilées qui sont beaucoup plus compétentes que certains hommes dans les médias, mais on ne leur donne pas la chance ».

Indiquant que chacun est libre d’exercer sa foi religieuse comme il l’entend, ces femmes voilées ‘’professionnellement’’ victimes de discrimination invitent les citoyens à accepter leur choix pour ce qu’elles valent, mais pas pour le mode vestimentaire.

Hassatou Lamarana Bah

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