Guinée: Des communautés de Koundara se voient refuser des documents administratifs

Il s’agit des Badjaranké, foulahkounda, Bassari, Koniagui, tous autochtones de la préfecture de Koundara. En Guinée, ces communautés minoritaires rencontrent d’énormes difficultés dans l’obtention des documents administratifs. Et d’autres sont victimes de la rétention par les autorités administratives des papiers qui attestent leur citoyenneté guinéenne.

C’est le cas de Boubane Edouard Kaly, fonctionnaire au ministère de l’industrie, qui a vécu cette mésaventure.

« La première fois c’était en 2012 j’étais à Dixinn, je suis venu pour une pièce d’identité au commissariat central de la Belle-Vue. Arrivé, je présente mes documents mais ils me disent que suis togolais, j’ai dit non je suis Guinéen. De discussion en discussion, on m’a confié à un agent et on m’a conduit à la maison centrale, quand je me suis présenté au directeur, il m’a demandé d’où je venais, je lui ai dit que je viens de Koundara dans la sous-préfecture de Kingan, je lui ai dit que je suis Bassari, il m’a demandé ma langue maternelle j’ai dit que je parle poular, soussou, français, Onian, Koniagui… Il m’a demandé si je connais quelqu’un dans l’administration qui pourrait m’aider, j’ai dit que nous sommes une minorité et on n’avait pas un haut cadre à l’époque. Il m’a libéré à 17h, il a fallu que je photocopie les documents de tous mes frères et sœurs, de mes diplômes du bac, mon extrait de naissance pour prouver que je suis Guinéen.

En 2019, je viens pour un passeport au ministère de la sécurité, je fais la procédure mais c’est rejeté et on me dirige à une direction appelée ’adage’’, on me demande ce qui justifie que je suis Guinéen. Je leur ai montré ma carte d’identité, pour cela aussi on m’a demandé des preuves, j’ai envoyé mon arrêté d’engagement à la fonction publique, mon acte de mutation, le récépissé du recensement biométrique de la fonction publique, les photocopies des documents de mes frères et sœurs. Malheureusement ils ne m’ont pas délivré le passeport, c’est ainsi que j’ai appelé colonel Sandé qui est Badiaranké qui était ministre au temps du CNDD, c’est grâce à son témoignage que j’ai pu récupérer mon passeport », se souvient-il.

Selon M. Boubane, les agents ne sont pas informés, et des actions sont prévues afin que les noms de ces différentes communautés de Koundara soient répertoriés « Ils ne connaissent pas la sociologie. Pour y remédier, nous allons faire des démarches pour rencontrer le ministre de la sécurité, de l’administration du territoire, leur donner les différents noms et les différentes ethnies minoritaires qui se trouvent dans Koundara, qu’ils mettent dans la liste des noms qu’ils ont au niveau des commissariats centraux, au ministère de la sécurité », indique-t-il.

M. Boubane demande également l’apport des médias pour faire une large communication sur les communautés de la préfecture de Koundara.

Hassatou Lamarana Bah

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