Guinée/Crise politique : « Que le président ne se présente pas pour un 3ème mandat est déjà une première solution… » (Me Cheick Sako)

La falsification de la nouvelle constitution guinéenne continue à faire alimenter les débats au sein de la classe politique. Après les hommes en robe, c’est autour de l’ancien ministre de la justice et de garde des sceaux de s’inviter dans le débat pour fustiger l’attitude des autorités  guinéennes.

Après avoir démissionné  en mai 2019 pour exprimer son désaccord  à la modification de la constitution, pour Me Cheick Sako la falsification de cette constitution adoptée par le peuple est une grosse erreur pour les auteurs d’un tel acte.

« Le problème est que le second texte ne correspond pas au premier. Il y a une vingtaine de dispositions qui ont été soit mortifiées soit falsifiées.

Je vous donne deux ou trois exemples : les dispositions concernant les candidatures individuelles à l’élection présidentielle ont disparues.

Deuxième exemple : introduction des parrainages pour les dites élections présidentielles.

Et surtout le troisième exemple qui m’interpelle entant que juriste et entant qu’ancien ministre de la justice c’est la partie qui concerne la justice. Par exemple l’article 13 du projet approuvé par référendum énonce de façon claire le principe de l’indépendance et l’impartialité des tribunaux. Et curieusement dans l’article 13 du texte promulgué cela est supprimé » a fustigé l’ancien ministre de la justice invité dans l’émission ‘’le Débat Africain’’ chez nos confrères de la Rfi.

Quant à la question sur l’arrêt constitutionnel, le juriste estime que cette institution devrait aller en profondeur dans les enquêtes avant de déclarer irrecevable la requête des plaignants. « Cet arrêt est assez curieux et ça se passe de commentaire. J’aurais souhaité que la cour puisse soulever des erreurs matérielles puisque l’évidence est là quand on a les deux textes. Sur ce, on n’a pas besoin de faire de la magie ».

Au regard de la crise sociopolitique et les violences qui ont émaillées le double scrutin controversé du 22 mars dernier, l’ancien ministre de la justice et garde des sceaux demande aux protagonistes de la crise de privilégier le dialogue.

Selon Me Cheick Sakho, « c’est la seule voie qui pourrait permettre à la Guinée d’avoir sa stabilité ce qu’il faut aller vers un dialogue politique en Guinée où tout soit mis sur table clairement en tenant compte des conditions des uns et des autres. Mais il faut aussi souhaiter que le bon sens et la sagesse des autres prévalent sur d’autres considérations. Il faut souhaiter que le président de la république comprennent et ne se présente pas pour un 3ème mandat. C’est déjà une première solution… »  

Mohamed Barry  

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