Guinée : A la rencontre des mareyeuses du port de Boffa

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Elles sont nombreuses ces femmes mareyeuses de nationalité guinéenne et léonaise qui travaillent au port de Koukoudé situé à 75 km de la préfecture de Boffa. Mais par manque d’aménagement et d’organisation, elles rencontrent assez des difficultés.

Certaines d’ailleurs s’activent régulièrement dans la commercialisation des poissons entre Boffa-Conakry, mais avec l’arrivée de la pandémie de Coronavirus elles ont enregistré plusieurs pertes « nous glaçons le poisson pour envoyer à Conakry. C’est-à-dire on paie le poisson et la glace, on cherche des véhicules pour transporter à Conakry. Mais dans cette activité, nous avons des difficultés comme le problème de véhicule, le manque de glace. Nous sommes obligées d’aller jusqu’à Kamsar ou Conakry pour chercher la glace. Ce qu’on gagne ici ne peut nous suffire, dès fois on peut mettre les poissons dans les récipients 2 à 3 jours  on n’a pas des véhicule donc les poissons pourrissent. Parfois tu peux acheter des poissons à 3 millions, 4 millions, faute de glace tu perds tout, même 1.000.000 GNF tu ne peux récupérer » explique Mayeni Camara mareyeuse. 

Depuis l’apparition de la pandémie à COVID-19, les difficultés pour écouler leurs marchandises ne font que s’accroitre comme le signale Mme Camara « Coronavirus a gâté notre argent à 100% parce qu’on avait payé beaucoup de poissons on a séché dans le but d’envoyer à Conakry, mais malheureusement cela a coïncidé à l’arrivée de Coronavirus et le poisson quand tu sèches c’est pour un temps bien défini, si ce temps passe ça devient de la poudre. Donc tous les poissons qu’on avait ici sont gâtés. Il a fallu qu’on vende cela aux éleveurs qui ont des fermes mais ça aussi on n’a pas pu récupérer notre argent. Cela a beaucoup joué sur nous. J’avais acheté pour 12.000.000 GNF mais quand c’était gâté, j’ai revendu la poudre aux fermiers j’ai pu récupérer que 4.500.000 GNF, ça été des pertes énormes pour moi » raconte-t-elle. 

Pour équilibrer leur économie, ces femmes ont décidé de se donner les mains. Elles se sont organisées en coopérative et groupements. La directrice préfectorale de pêche de Boffa Madame Adama Cissé se dit très préoccupée par rapport à la situation des femmes mareyeuses « avec le PRAWO, on a fait des infrastructures pour aider les femmes pour leur autonomisation, ici il y a un marché qui doit être dedans uniquement pour les femmes mareyeuses, de l’autre côté ils ont fait des fumoirs tout cela pour aider les femmes à être indépendantes et autonomes. Ce que je demanderai toujours à l’État de faire face aux mareyeuses, aux pêcheurs parce qu’ils sont les plus démunis. Malgré qu’elles soient organisées en groupements, il faut les aider à ce qu’elles soient indépendantes » lance-t-elle.

Les femmes mareyeuses de Boffa rêvent d’être autonomes, pour cela elles demandent un appui de la part de l’État guinéen pour alléger leurs souffrances.

Hassatou Lamarana Bah 

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