Kankan a franchi une étape importante dans son processus de transformation énergétique. La Conférence Régionale sur « L’Électrification au service du développement de Kankan », organisée par l’ONG Aide et Action pour la Région de Kankan (AARK), a réuni autorités administratives, institutions techniques, acteurs économiques et représentants de la société civile autour d’un enjeu central : préparer la Haute Guinée à l’arrivée progressive d’une énergie plus stable.
Placée sous l’autorité des autorités régionales et marquée par la présence des responsables du Projet d’Interconnexion Électrique Guinée–Mali (PIEGM), de l’Agence Guinéenne d’Électrification Rurale (AGER), d’Électricité de Guinée (EDG) et de l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP), la rencontre a permis d’apporter des clarifications attendues par la population.
Un débat franc sur l’état d’avancement
Au cœur des échanges : l’état d’avancement du projet d’interconnexion et les perspectives concrètes pour la Haute Guinée. Les responsables techniques ont présenté les étapes réalisées, les défis encore à relever et les implications structurelles pour la région. Un message clair s’est dégagé : les infrastructures visibles sur le terrain ne sont pas symboliques, elles s’inscrivent dans une dynamique nationale de renforcement du réseau.
Si le projet d’interconnexion ne constitue pas une solution miracle instantanée, il représente une base stratégique indispensable pour améliorer durablement la desserte électrique.
Préparer Kankan à transformer l’électricité en développement
Au-delà des infrastructures, la conférence a insisté sur un point fondamental, l’électricité seule ne crée pas le développement.
C’est l’organisation autour de l’énergie qui crée la richesse. Industrie locale, transformation agroalimentaire, entrepreneuriat des jeunes, autonomisation des femmes, attractivité économique : autant d’opportunités qui nécessitent anticipation et coordination.
Dans son intervention d’ouverture et de clôture, le Président de l’ONG AARK, Mory Kaba, a appelé à dépasser le scepticisme ambiant :
« Le doute d’une population qui attend est légitime. Mais nous ne sommes plus dans le registre des annonces. Nous sommes dans celui des réalisations visibles. » a t-il expliqué avant d’insister sur la responsabilité collective « Si le courant arrive et que nous ne sommes pas préparés, nous aurons manqué une opportunité historique. »
Restaurer la confiance par la transparence
Dans un contexte où une partie de la population exprime des doutes face aux délais accumulés ces dernières années, la conférence a voulu privilégier la transparence technique et le dialogue direct.
Les questions du public ont permis d’aborder les préoccupations liées aux délais, à la fiabilité du réseau et à l’impact concret pour les ménages et les entreprises.
La réussite de cette conférence ne constitue pas un aboutissement, mais un point de départ. Les recommandations formulées appellent à :
• renforcer la coordination entre acteurs institutionnels et locaux ;
• sensibiliser les entrepreneurs aux opportunités liées à l’énergie ;
• préparer les jeunes à des métiers techniques liés au secteur électrique ;
• maintenir un dialogue régulier avec la population.
Un moment charnière pour la Haute Guinée
L’unité régionale et l’engagement collectif seront déterminants pour transformer l’énergie en prospérité durable. Comme l’a souligné le Président de l’ONG AARK en clôturant les travaux « L’électricité arrive. Mais c’est notre engagement collectif qui la transformera en moteur de développement. »
Lamine Toutè KABA
