Éducation : La grève des enseignants du privé boudée à Matoto

Le Syndicat National des Enseignants Privés de Guinée (SYNEPGUI) a appelé l’ensemble des enseignants du secteur privé à observer une grève dès la reprise des cours ce lundi 29 juin. Cet appel d’ordre de grève ne semble pas être suivi dans certains établissements privés de la commune de Matoto. C’est le cas du groupe scolaire Jean Mermoz, où d’ailleurs le censeur se confie à ces termes :

« Mes professeurs ont répondu ce matin à l’appel. Je pense que c’est le secteur privé, chaque établissement à son organisation interne. Si, ils ont lancé ce mot d’ordre grève, je ne peux pas dire autre, parce que la grève est un droit constitutionnel. Donc c’est bien normal. Ils se battent pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail de leurs syndiqués, mais sauf que les écoles n’ont pas les mêmes réalités. Je pense qu’en pareille situation, le mieux c’est de conjuguer leurs efforts avec les fondateurs d’établissements privés et aller rencontrer l’État pour qu’il fasse un effort dans ce sens », dit monsieur Moussa 2 Konaté.

Rencontré dans une salle entrain de dispenser les cours, Sékou Keita, professeur d’économie du même établissement a donné les raisons de sa motivation « C’est une question de responsabilité, de conscience. Cette année a été beaucoup plus bouleversée par tant de crises, non seulement éducative, mais aussi sanitaire. Ces enfants sont des innocents, ils n’ont rien à voir de ce qui se passe entre les fondateurs des écoles privées et les enseignants. Donc ma responsable personne me dit qu’il faut mettre le côté éducatif à côté et venir assister ces enfants », raisonne-t-il, avant d’ajouter : « La grève je ne dis pas c’est une mauvaise chose, c’est bien de réclamer ses droits, mais en réclamant ses droits il faut penser aux conséquences. D’abord la première conséquence, c’est que tous ceux qui pensent aller en grève, il faut leur demander s’ils sont en contrat avec les écoles privées ? Le secteur privé n’est pas réglementé, beaucoup d’écoles privées ne font pas signer les enseignants des contrats. Ils viennent juste pour exercer l’activité libérale et partir », a-t-il révélé.

Pour sa part, Issa Condé élève en TSM s’est tout de suite réjoui de la reprise des cours « je me sens assez heureux, parce que vu la situation de la COVID-19, on a pu rouvrir notre école pour qu’on puisse se préparer pour les examens nationaux ».

Parlant des dispositifs sanitaires déployés au sein de son établissement, monsieur Konaté précise: « Nous avons fait avec les moyens de bord, parce que tout ce qui a été annoncé, nous n’avons jusqu’à date rien reçu ».

Mansaré Naby Moussa pour Kalenews.org

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